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Force physique, mentale et intellectuelle, tout est passé au crible pour faire partie de la crème de la crème des Chasseurs alpins. Chaque année, quelques dizaines de militaires tentent leur chance.

Un commando trié sur le volet

"Si vous êtes attrapés dans la nuit, vous ne devez pas avoir cette carte sur vous." Les neuf candidats au Groupement de commandos de Montagne (GCM) sont prévenus, rien ne leur sera pardonné. Pendant une semaine, ils enchaînent les épreuves. Leur but? Rejoindre l'élite des Chasseurs alpins.

Les exercices appelés des "tests seuils" se succèdent, et si les postulants sont dans l'incapacité à les terminer, ils sont éliminés et renvoyés dans leur garnison. Au bout de 30 minutes d'efforts, deux d'entre eux ont déjà jeté l'éponge. 

© France 3 Alpes


S'il est si compliqué d'intégrer les GCM, c'est que ces militaires sont les héritiers des éclaireurs-skieurs de Tom Morel, le héros des Glières. Aujourd'hui, ils sont 200 à faire partie de ce commando. Chaque année, une poignée de courageux se mesurent aux tests d'entrée pour tenter de les rejoindre.

"Des sensations que l'on ne pourra jamais retrouver dans le civil", "quelque chose d'unique", "une envie de bouger", voilà pourquoi Nicolas et Damien, respectivement Caporal et Sergent, participent à ce stage. Ils ont envie "d'apprendre et d'acquérir de nouvelles méthodes de travail" mais disent "ne pas être attirés par le prestige de l'emploi".

Reportage Jordan Guéant et Maxime Quemener
Tests d'entrée au Groupement Commandos Montagne. Intervenants: Lieutenant B. GCM; Major Jean-Cyrille Audouit, 27e Brigade d'Infanterie de Montagne; Caporal Nicolas; Sergent Damien


Pas de répit pour les braves, les Chasseurs passeront leur première nuit de stage dans la neige. Ils effectueront une marche nocturne en autonomie de 12 kilomètres avec 20kg sur le dos.

Garder son sang-froid en toute circonstance

22 heures à Chamrousse, la nuit ne fait que commencer quand les militaires partent pour une mission de type collecte de renseignements. Au programme, de la marche, bien chargés, et surtout des ateliers de mise en situation. Leur seul soutien pour réussir à sauver les "faux blessés": des jumelles à vision nocturnes.

Durant cette épreuve c'est leur autonomie qui est testée, mais surtout leur capacité à garder leur sang-froid et à commander. Car les stagiaires avancent en binôme ou trinôme et l'erreur de parcours rime très vite avec arrivée hors délai. 

© France 3 Alpes


Au petit matin, aucun repos n'est accordé. Un des candidats blessé a abandonné et a fini sa nuit à l'hôpital pendant que ses collègues "dégustent" un test cognitif en guise de petit-déjeuner, après 24 heures sans sommeil, suivi de dix kilomètres à ski. 

Et pour ces militaires, le "j'en ai marre" n'est pas une option: "on sait ce qu'on veut, on a un objectif donc on n'a pas le choix, on n'a pas le droit d'abandonner."

Reportage Jordan Guéant et Maxime Quemener
Mission de nuit pour le Commando de Montagne - Intervenants: Capitaine A, Caporal-Chef Ben, Lieutenant, Sergent Damien, Caporal Nicolas, Major Jean-Cyrille Audouit 27ème Brigade d'infanterie de montagne

Exigence pour seul mot d'ordre!

Écouter son corps, ses muscles pour pouvoir enchaîner les épreuves, c'est la seule règle à suivre quand on tente d'intégrer le GCM. Avec seulement 2h30 de sommeil en cinq jours, les blessures guettent, en compagnie des fautes d'inattention. En cette fin de semaine, rien de compliqué n'est demandé aux Chasseurs alpins, habitués des parcours du combattant et des test de tirs.

© France 3 Alpes


Ensuite, pendant 20 minutes les candidats s'entretiennent de façon très personnelle avec le jury. Mission du jour: vérifier qu'ils ont bien compris leur future mission. A l'issue de cette semaine, ils sont deux sur les neuf stagiaires de départ, aptes à suivre la formation initiale GCM.

Reportage Jordan Guéant et Maxime Quemener
Dernières épreuves d'intégration du commando. Intervenants: Caporal Nicolas ; Sergent Damien