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Les défenseurs du bouquetins du Bargy se dressent contre un abattage en Haute-Savoie

Ce lundi 22 septembre au matin, au col de la Colombière, une dizaine de militants opposés à l'abattage massif du bouquetin ont visiblement dérangé les agents de l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage missionnés pour tuer de nouvelles bêtes.

  • Par Franck Grassaud
  • Publié le , mis à jour le
© France 3 Alpes

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Pour répondre à l'arrêté préfectoral pris il y a près d'un an, une quinzaine d'agents de l'ONCFS était donc à leur poste, ce lundi matin, pour abattre de nouveaux bouquetins de plus de 5 ans. Mais l'info avait visiblement circulé sur les réseaux sociaux. Du coup, des défenseurs des animaux ont pris le chemin du col de la Colombière. Les deux camps s'observant en pleine nature, les agents de l'Etat ont pris la décision de stopper l'opération. 

En près d'un an, depuis la suspicion d'une épidémie de brucellose, la moitié de la population des bouquetins du Bargy aurait été exterminée. Soupçonnant le préfet de Haute-Savoie et le ministère de l'Ecologie de vouloir, -au nom de la santé publique-, éradiquer complètement ce Capra dans le secteur, les protecteurs de la nature se montrent de plus en plus vigilants. Le Conseil National de la Protection de la Nature, organe consultatif, doit rendre ses conclusions sous peu, et devra dire si l'abattage à grande échelle est nécessaire. 

Reportage Ariane Combes et Maxime Quéméner
Un abattage des bouquetins compromis

En attendant, même si les bêtes déjà abattues n'ont pas fait l'objet d'analyses poussées, -ce qui aurait peut-être permis de mesurer l'ampleur de l'épidémie-, des vétérinaires épidémiologistes comme Jean-Marie Gourreau, justement membre du Conseil National de Protection de la Nature, ont fait part de la pire des hypothèses. L'abattage pourrait avoir produit l'inverse du but recherché. Ce sont principalement les mâles qui ont été abattus, car les éléments de plus de 5 ans sont plus facilement "repérables" que les femelles aux cornes moins développées. Conséquence, les femelles porteuses ont pu continuer à essaimer les coccobacilles, bactéries à l'origine de la brucellose. Faute de mâles dans le Bargy, d'autres sont peut-être venus d'ailleurs, au moment du rut, et sont repartis porteurs à leur tour.

Reportage Ariane Combes et Christian Mathieu
Dossier. Les bouquetins du Bargy

Intervenants : Bernard Mogenet, président FDSEA des Savoies; Ségolène Royal, le 6 septembre 2014; Jean-Marie Gourreau, vétérinaire et épidémiologiste

 

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