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Center Parcs à Roybon (Isère): "S'il faut réajuster le projet, on le fera", Ségolène Royal

"S'il faut réajuster le projet, on le fera", c'est la promesse faite par Ségolène Royal ce mardi 16 décembre. La ministre de l'Ecologie dit aussi qu'il faut "écouter ce que disent les commissions d'enquêtes publiques", comme celle concernant le projet Center Parcs qui a émis un avis négatif. 

  • France 3 Alpes avec AFP
  • Publié le 16/12/2014 | 12:18, mis à jour le 30/07/2015 | 09:43
Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie et du Développement durable © Maxppp

© Maxppp Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie et du Développement durable

La ministre était interviewée sur BFMTV, alors que le tribunal administratif de Grenoble doit décider jeudi de suspendre, ou non, les travaux du Center Parcs de Roybon. Une audience jugée décisive pour l'avenir de ce projet controversé.

Je mets en garde ceux qui décident des projets sans écouter ce qui est dit avant"

"Il faut écouter ce que disent les commissions d'enquête, il faut réajuster les projets en fonction de ce qui est dit. Là, on attend une décision du tribunal qui a été saisi", a souligné Mme Royal. "On va attendre, et puis s'il faut réajuster le projet on le fera, mais je mets en garde ceux qui décident des projets sans écouter ce qui est dit avant, parce qu'ils portent préjudice aux entreprises".

Elle a rappelé qu'"un certain nombre d'observations ont été faites manifestement par la commission d'enquête, avant même la décision. Quand un projet est lancé, les entreprises se mettent en mouvement, s'organisent, recrutent, attendent des marchés. Alors ceux qui font des projets qui sont bancals ne rendent pas service aux entreprises".

La parole est au tribunal administratif 

Saisi de quatre requêtes, le juge des référés n'aura pas à se prononcer sur la pertinence du projet ce jeudi. Il devra simplement décider de suspendre, ou non, le défrichement, au vu de la légalité de deux arrêtés pris par le préfet de l'Isère, les 3 et 16 octobre. Ces arrêtés ont fait office de feu vert au démarrage des travaux: l'un autorise le projet au titre de la loi sur l'eau, tandis que l'autre permet la destruction d'une cinquantaine d'espèces protégées ou de leur habitat (amphibiens, reptiles, écureuils, écrevisses à pieds blancs, etc).

L'association Pour les Chambaran sans Center Parcs (PCSCP) a appelé à un rassemblement silencieux à l'heure du début de l'audience. "Il y a des arguments très sérieux" en faveur de l'annulation de ces arrêtés, estime Raymond Avrillier, militant écologiste grenoblois et grand spécialiste des recours administratifs.
 
Un tel rapport "totalement défavorable", "c'est rare", a estimé  pour sa part l'ex-ministre de l'Environnement Corinne Lepage en appelant à "revoir les choses de manière beaucoup plus approfondie". "C'est la première fois que je vois une enquête publique défavorable et un préfet qui, malgré tout, s'assoit dessus", abonde Christian Brély, président de la Fédération de pêche de la Drôme qui a déposé un recours au tribunal. 

La préfecture fait, elle, valoir que le groupe de tourisme et d'immobilier Pierre & Vacances a amélioré son projet et répondu à toutes les critiques de la commission d'enquête, par exemple "en proposant la renaturation et l'amélioration de zones humides dégradées sur une surface de 152 hectares".

"On est très critiques sur les conditions de cette amélioration, rétorque Francis Meneu, président de la Frapna (Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature)
Isère. En tout cas, cela n'a pas été débattu". Il juge qu'"une nouvelle enquête publique aurait dû être menée car des éléments nouveaux, inconnus du public, ont été présentés".

La préfecture rétorque que "le public a été très largement consulté sur ce projet" car "cinq enquêtes publiques ont été organisées depuis 2009, au cours desquelles
il a pu largement s'exprimer".

Les opposants attaquent en outre le manque de motivation des arrêtés préfectoraux, le non-respect, selon eux, de la procédure de consultation du Conseil national de la protection de la nature ou un défaut de recherche de lieux alternatifs d'implantation. "On n'est pas contre l'implantation d'un Center Parcs en Isère sauf que le lieu a été bien mal choisi: c'est le château d'eau de la Drôme, une forêt magnifique", fait valoir Christian Brély.

Confiant dans ses chances de succès, Eric Posak, avocat de l'association PCSCP, estime qu'une suspension des travaux apporterait "un apaisement" après les tensions des dernières semaines, avivées par l'arrivée de militants "zadistes" sur le site. 

Lancé en 2007, le Center Parcs a déjà fait l'objet de nombreux recours. Vendredi, la région Rhône-Alpes a pris ses distances avec le projet, son président Jean-Jack Queyranne (PS) appelant à "revoir" le dossier avant de lui accorder une subvention votée en 2009.

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