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Grenoble. Les salariés de GEG coupent l'électricité et font annuler le conseil municipal

Lundi 20 octobre, les salariés de Gaz & Electricité de Grenoble ont coupé l'électricité à l'Hôtel de Ville et contraint la mairie à reporter le Conseil municipal et la délibération concernant un contrat de 8 ans portant sur l'éclairage public.

  • Mickaël Guiho, avec AFP
  • Publié le , mis à jour le
Les salariés de GEG interrompent le conseil municipal de Grenoble, plongé dans l'obscurité, lundi 20 octobre. © France 3 / Florine Ebbhah

© France 3 / Florine Ebbhah Les salariés de GEG interrompent le conseil municipal de Grenoble, plongé dans l'obscurité, lundi 20 octobre.

Près de 150 salariés du gestionnaire historique de l'électricité à Grenoble ont manifesté lundi soir pour dénoncer l'attribution dès 2015 du marché de l'éclairage public de la ville à un consortium privé réunissant Vinci et Bouygues. "Des événements d'une grande gravité", selon la mairie, ont émaillé la manifestation. Ils "ont conduit le Maire à reporter la séance au lundi 27 octobre 2014", rapporte la municipalité dans un communiqué.

"Des salariés de l’entreprise Gaz & Electricité de Grenoble ont coupé l’alimentation électrique dans le secteur de l’Hôtel de Ville, plongeant dans l’obscurité l’ensemble du bâtiment, raconte la mairie de Grenoble. Plusieurs dizaines de personnes se sont alors introduites avec fracas dans l’enceinte même de l’assemblée délibérante avec bris de verre, menaces verbales et intimidations physiques."

Nous ne saurions tolérer de tels coups de force.
(Eric Piolle)


Le maire Eric Piolle "condamne fermement" cet événement. "Les pressions envers l’institution publique et ses représentants sont inadmissibles, a-t-il déclaré. Le conseil municipal doit rester l’instance républicaine qui représente tous les Grenoblois. Cela exige de délibérer dans la sérénité."

Soirée agitée en mairie de Grenoble

Intervenants : Sophie Cavagna, GEG - porte parole de l'intersyndicale ; Jérôme Safar, conseiller municipal de l'opposition Président du groupe "Rassemblement de gauche et de Progrès".


Syndicats unanimes et échauffés


Les organisations syndicales de GEG, dont la ville est actionnaire majoritaire, reprochent à la municipalité de ne pas avoir laissé la possibilité à l'entreprise de formuler au cours de la procédure d'appel d'offre une proposition compétitive, qui lui aurait permis de garder le marché. "Nous faisions partie des deux dernières entreprises retenues et nos propositions étaient très proches. Le dialogue compétitif, période au cours de laquelle les deux derniers candidats sont à nouveau auditionnés et peuvent affiner leurs offres, n'a pas eu lieu et nous ignorons pourquoi", a déploré Alain Trémier, secrétaire du syndicat CGT.

L'intersyndicale CFE-CGC, CGT et FO a dénoncé "un choix politique" et sommé la municipalité de "faire preuve de transparence" sur ses "véritables intentions". "Ils ont prôné le service public pendant toute la campagne municipale et à la moindre occasion, ils penchent du côté d'un groupe privé du Cac 40. Ce discours comporte beaucoup de paradoxes. Nous ne souhaitions pas être privilégiés, simplement être jugés à notre juste valeur", ajoute Alain Trémier.

Sans prendre fait et cause pour le mouvement social, l'opposition socialiste, par la voix de Jérôme Safar, a critiqué "la précipitation" avec laquelle la municipalité a "peut-être" géré ce dossier, encourageant le maire à rouvrir les négociations.

Délibération reportée


Vingt-cinq emplois sont menacés d'après les syndicats, qui évoquent également 1,5 million de pertes de chiffre d'affaires pour l'entreprise. Eric Piolle a proposé que tous les salariés soient maintenus dans la nouvelle structure. Il a affirmé que la Ville de Grenoble n'avait eu de cesse "de maintenir le dialogue et de rechercher des solutions positives pour l’avenir de GEG".

La délibération concernant l'éclairage public est donc reportée, sans qu'une date ait été fixée, puisqu'elle ne sera pas à l'ordre du jour du prochain conseil municipal. "Cela afin de donner encore plus de temps au dialogue pour répondre aux inquiétudes légitimes quant à l’avenir de l’entreprise GEG", explique la mairie.
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