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Un décontaminateur révèle la présence de déchets radioactifs sous la Bastille de Grenoble

Il travaillait pour un sous-traitant du nucléaire, chargé de décontaminer des lieux. Anthony révèle aujourd'hui la présence de déchets radioactifs sous la Bastille de Grenoble. Il pourrait s'agir de minéraux laissés par l'Institut de géologie Dolomieu, aujourd'hui désaffecté. 

  • JC. Pain & F. Grassaud
  • Publié le , mis à jour le
Un bidon trouvé dans une grotte © France 3 Alpes

© France 3 Alpes Un bidon trouvé dans une grotte

C'est la revue grenobloise Le Postillon qui a d'abord donné la parole à Anthony, âgé de 22 ans. Ce jeune homme dénonce la présence "d'une poubelle radioactive" dans une grotte, sous la Bastille. La grotte se situe en bord de route, entre le Musée Dauphinois et la résidence universitaire du Rabot. A l'intérieur: des minéraux, des bidons, des sacs contenant notamment des tenues de décontamination, que France 3 Alpes a pu filmer, avec Anthony. Les lieux sont accessibles, absolument pas sécurisés.

Les reporters du Postillon ont effectué différentes mesures sur place. La radioactivité atteindrait 3000 fois la normale par endroits. Selon Roland Desbordes, Président de la CRIIRAD, spécialiste indépendant de la radioactivité, leur protocole de mesure est correct, et "l'enquête suffisante pour sécuriser ce lieu en toute urgence". Parmi ces déchets, des minéraux naturellement radioactifs qui pourraient provenir de l'Institut de géologie Dolomieu. Aujourd'hui désaffecté, il dépend de l'université Joseph Fourier.

Reportage Grégory Lespinasse et Vincent Habran 
Des déchets radioactifs sous la Bastille

Suite à la diffusion de ce reportage, l'Université Joseph Fourier a indiqué "procéder actuellement à l'assainissement du bâtiment Dolomieu". "L'UJF applique une procédure en cours et conforme à la législation sur la décontamination". "Les éléments qui doivent être évacués par l'ANDRA dans les prochains mois (...) ont été entreposés de façon provisoire, dans une galerie souterraine sécurisée conformément à la législation en vigueur et en accord avec l'ASN". "L'extérieur du bâtiment sera décontaminé dès demain, intervention prévue de longue date". 

Qui est Anthony?


Anthony travaillait pour un sous-traitant du nucléaire, avec qui il a aujourd'hui maille à partir. Sa rancoeur a sûrement dicté sa révélation, mais sa conscience aussi. Il a participé à plusieurs chantiers de démantèlement ou d'assainissement et c'est à la suite de son irradiation, au cours d'un opération de tri de gravats sur un site du CEA Grenoble, le 23 août dernier, qu'il dit avoir réalisé que la gestion des dangers autour de la radioactivité ne sont pas suffisamment pris en compte. 


L'événement concernant Anthony est relativement rare, classé au niveau 2 sur une échelle de 7. Dans son courrier au CEA, l'autorité nationale de contrôle du nucléaire, l'ASN, fait en effet état de "lacunes sérieuses dans la qualité de la préparation de cette intervention ainsi que dans la coordination". Anthony dénonce "des conditions de travail déplorables, le manque de formation, et le laxisme en termes de sécurité."


Le niveau d'irradiation d'Anthony est encore en cours d'évaluation, selon l'ASN. Depuis l'événement, Anthony a été licencié pour faute par le sous-traitant qui l'employait. 

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