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Seriez-vous prêt à demander un doggy bag au restaurant ?

Les restaurateurs auront en 2016 l'obligation de trier leurs déchets dans le cadre du Grenelle de l'environnement. Mais une alternative a été évoquée : le doggy bag. Ce qui n'est pas consommé est emporté par le client. 

  • avec AFP
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Le principe du doggy

Le principe du doggy

Mais cette pratique très courante aux USA ou en Asie n'est pas très répandue en Alsace...

Doggy bag ou pas ?


Entre clients gênés et restaurateurs discrets, le doggy bag peine à percer en France (AFP - PARIS, 25 février)

En France, le doggy bag, pratique américaine qui consiste à emporter dans une barquette les restes de son repas au restaurant, a du mal à
s'imposer. En cause? Une certaine gêne des consommateurs et des restaurateurs échaudés par des tentatives stériles. "On a un problème avec cette pratique en France, c'est culturel: on ne repart pas d'un restaurant avec ses restes, il y a une certaine gêne à le faire", regrette Bernard Boutboul, directeur général du cabinet spécialisé Gira Conseil. 

Selon lui, des restaurateurs "ont tenté l'expérience à plusieurs reprises dans les années 90 puis dans les années 2000, et donné la possibilité d'emporter facilement la fin de son plat. Mais rien n'y fait, chaque tentative a été vouée à l'échec, ça ne prend pas", assure-t-il. "C'est donc un cercle vicieux où le restaurateur a cessé de proposé le doggy bag face à un consommateur qui se sent gêné de le demander", conclut M. Boutboul.

Clients honteux

Claude Fischler, sociologue, spécialiste de l'alimentation, rappelle que le terme "doggy bag" fait référence au chien, et donc au fait de "donner des restes au chien". "Il y a une gêne à manger des restes, cela résonne dans la mémoire collective", assure le directeur de recherche au CNRS. "Un aliment entamé est considéré comme un déchet", souligne-t-il. "Et le client veut échapper à la honte d'avouer qu'on emmène des restes pour en faire le repas du soir ou du lendemain", ajoute-t-il.

Difficile de dire combien de restaurants proposent aujourd'hui des doggy bags aux clients, cela reste assurément marginal. Mais certains en ont fait leur atout. C'est le cas du restaurant réunionnais "le Goyavier" à Paris, qui, depuis son ouverture en 1986, incite les clients à repartir avec une ou plusieurs barquettes sous le bras. "Les clients sont parfois surpris qu'on leur propose de repartir avec la fin de leur plat mais ils sont tous très contents de pouvoir le faire. Nous on ne jette pas, ça évite le gaspillage", se félicite Raphaël Sery, propriétaire de l'établissement. 

Vague anti-gaspillage

En France, selon des estimations, sur chaque repas qu'une personne prend au restaurant, entre 210 et 230 grammes de nourriture sont perdus. Les restaurateurs "seraient ravis que les clients repartent avec cette nourriture, ça leur ferait tout simplement moins de déchets dans les poubelles", souligne Bernard Boutboul. Dès 2016, les établissements servant environ 180 repas par jour seront tenus de trier et valoriser leurs déchets alimentaires. A défaut, ils se verront infliger de lourdes amendes.

Le Plan anti-gaspi du gouvernement, signé mi-juin par tous les acteurs de l'alimentation doit conduire à réduire de moitié le gaspillage d'ici à 2025. Aujourd'hui, les Français jettent en moyenne 20 kg de nourriture par an. Surfant sur cette vague "anti-gaspillage", Laurent Calvayrac, ancien garde du corps de ministre, a inventé une boîte en carton recyclable, "aux bonnes dimensions, ni trop grande, ni trop petite", dit-il, qui se ferme facilement et peut se mettre au four. Il a récemment lancé un appel aux dons sur la plateforme de financement participatif KissKissBankBank, afin de la proposer prochainement aux restaurateurs. "Dans un contexte actuel de crise et de lutte contre le gaspillage, il faut relancer la pratique du doggy bag et démystifier le fait de demander à emporter ses restes", lance lui Jean terlon, vice-président de la branche restauration au sein de l'Umih.

Dominique Giraudier, directeur général du groupe Flo, affirme que "dans un contexte où les mentalités évoluent" sur ces notions de gaspillage et de crise, "on note que depuis un ou deux ans, des clients commencent à demander spontanément un doggy bag". La question du doggy bag est cependant souvent liée au produit. "Il est plus facile pour le consommateur de ramener chez lui une part de pizza qui reste dans l'assiette. Le produit est davantage assimilé à de la vente à emporter, il y a donc moins de gêne", selon M. Giraudier.
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