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Gestion des déchets ménagers : Bâle enterre ses poubelles

Le sujet fait la Une depuis quelques semaines à Bâle, les médias en parlent et les Bâlois en discutent : changer la gestion du ramassage des déchets ménagers, c’est un peu faire la révolution…

  • Publié le 26/04/2014 | 15:41, mis à jour le 26/04/2014 | 15:41
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Pour remplacer les sacs poubelles, les Bebbisack, qui défigurent la ville les jours de ramassage des ordures, Bâle veut mettre en place des conteneurs à ordures enterrés, accessibles à tout moment de la journée : plus besoin d’attendre le passage du camion poubelle ! "Pour les usagers, ce qui change, c’est le fait de devoir déposer les poubelles à un endroit central pour tous les habitants dans un rayon de 100 mètres", explique Roger Reinauer, le directeur de l’office des travaux publics du canton de Bâle Ville. "Bien sûr, nous sommes conscients du fait que pour les personnes âgées ou à mobilité réduite, le fait de ne plus déposer le sac poubelle au bas de l’immeuble mais de l’amener jusqu’à la poubelle enterrée peut poser problème. Nous réfléchissons donc à l’introduction d’un sac poubelle plus petit, contenant deux ou trois kilo, pour ces personnes là !"

Gestion des déchets ménagers : Bâle enterre ses poubelles

Un projet pilote à l’Erlenmatt


Dans le quartier tout neuf de l’Erlenmatt, les poubelles enterrées sont expérimentées depuis deux ans. Huit containers de cinq mètres cube chacun sont vidés une fois par semaine. Et dans 10 ans, toute la ville sera équipée de ce type de poubelle enterrée ! les bâlois sont pour… au nom de la modernité … ou contre… parce que la distance entre les poubelles enterrées et les habitations, 100 mètres, pourrait être problématique pour certains. Mais en réalité, là où le système a  déjà été mis en place, comme dans certains quartiers de Zurich, tout ce passe très bien. « On ne constate pas de phénomène de Littering, c'est-à-dire de dépôt de sacs poubelle n’importe où, on estime donc que le système est bien admis », souligne Roger Reinauer.

26 millions de francs suisses, c’est le coût de cette petite révolution, qui devrait générer tous les ans une économie d’un millions de francs suisses. Un projet qui améliore aussi les conditions de travail des éboueurs, qui manipulent chacun quelques 10 000 kilos d’ordures par jour. Une vingtaine de postes d’éboueurs pourraient toutefois être supprimés dans le cadre de la mise en place des poubelles enfouies, des postes que l’on pourrait retrouver dans le ramassage de déchets organiques, un autre projet du canton, ou dans d’autres services cantonaux.

Diminuer les déchets ménagers


Aujourd’hui, grâce au tri, les Bâlois produisent moitié moins d’ordures ménagères qu’il y a 20 ans : aux stations de tri traditionnelles pour le verre, le papier et les boîtes de conserve, se sont ajoutés depuis quelques mois des containers à déchets alimentaires. Les Bâlois achètent une carte à puce qui permet d’accéder au container et d’y placer les déchets organiques – ce qui leur coûte moins cher que de les jeter avec les déchets ménagers. "Le canton subventionne ce container que nous appelons Bio Klappe, pour que les usagers paient moins et voient un avantage à y jeter leurs déchets organiques », explique Jürg Hofer, le directeur de l'Office cantonal de l’environnement et de l’énergie.

"Ces déchets sont ensuite amenés à la centrale de production de bio gaz de l’agglomération bâloise" : une cinquantaine de tonnes par an, pas grand-chose… mais un geste symbolique pour soutenir la transition énergétique en Suisse ! La Bio Klappe est expérimentée dans huit quartiers de la ville. Jeter à part les déchets organiques pour alimenter l’usine de biogaz dans l’agglomération baloise, c’est diminuer les déchets ménagers de 30 à 40 %. "Il ne faut pas forcément avoir la fibre écolo, il suffit d’avoir du bon sens", selon Jürg Hofer, "pour comprendre l’intérêt d’une gestion raisonnable et respectueuse des ressources. C’est ce que nous voulons faire, y compris avec nos déchets" ! Trier et diminuer les déchets, chacun y trouve son compte : à Bâle, on ne paye pas de redevance à l’année, c’est chaque sac poubelle que l’on achète qui va financer le traitement des ordures ménagères.

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