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Deux aquitains autour du globe

Arnaud Boissières et Kito de Pavant ont largué les amarres des Sables d'Olonne à 13h02, ce midi, pour l'une des plus prestigieuses courses à la voile en solitaire.

  • G.D
  • Publié le 10/11/2012 | 15:11, mis à jour le 10/11/2012 | 16:33
© Damien Meyer et Jean-Sebastien Evrard / AFP
© Damien Meyer et Jean-Sebastien Evrard / AFP
Les deux marins ont un point commun, une évidence : un sourire contagieux. Mais ne vous fiez pas à leur bonhomie, ce sont de redoutables compétiteurs.
Leurs ressemblances ne s'arrêtent pas là. Les aquitains ont pris, tout à l'heure, le départ du Vendée Globe pour la seconde fois. Si Arnaud Boissières l'a terminé à une place plus qu'honorable pour celui qui était encore un quasi inconnu sur les pontons de la course au large (7e en 2009), Kito de Pavant n'aura pas bouclé l'Atlantique, victime d'un démâtage après seulement 28 heures de navigation.

L'arcachonnais et le périgourdin ne partent pas favori sur cette solitaire mais trois mois de course sur les océans les plus redoutables peuvent créer de belles surprises.
Arnaud Boissières, surnommé Cali, compte faire honneur à sa réputation de fonceur.


Si les marins ont débuté la voile sur des plans d'eaux fermés ou presque (le bassin d'Arcachon pour Boissières et l'étang de Saint-Pardoux-la-Rivière pour Kito), ils se sont forgés une solide expérience sur les plus grandes courses autour du monde en solitaire ou en équipage.
Kito de Pavant (Christophe, de son vrai prénom) a tiré un livre de ses pérégrinations : le plus grand navigateur de tout l'étang, aux éditions Télémaque.


Départ aujourd'hui de la 7ème édition du Vendée Globe.

Dix-neuf skippers, dont 11 Français, ont quitté samedi les Sables-d'Olonne pour le 7e Vendée Globe, un tour du monde en solitaire et sans escale qualifié d'Everest de la mer.
Ils devaient être 20 sur la ligne mais l'un d'entre eux, le Français Bertrand de Broc (Votre nom autour du monde), a endommagé son bateau en quittant le ponton et a dû rentrer pour réparer une voie d'eau.
Huit à dix skippers peuvent l'emporter à la barre de leurs monocoques de 60 pieds (18,28 m). Les Français Vincent Riou (PRB, vainqueur en 2005), Armel Le Cleac'h (Banque Populaire, 2e en 2009), Jean-Pierre Dick (Virbac-Paprec 3), François Gabart (Macif), Jérémie Beyou (Maître CoQ) et Marc Guillemot (Safran, 3e en 2009).
Mais aussi le Suisse Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat), les Britanniques Mike Golding (Gamesa) et Alex Thomson (Hugo Boss).
La victoire d'un navigateur non-Français serait une première puisque les six précédentes éditions ont été gagnées par des marins de l'Hexagone, Michel Desjoyeaux décrochant même la victoire à deux reprises (2001 et 2009), un exploit. L'objectif sera d'ailleurs de battre son record de 2009: 84 jours 03 heures et 09 minutes.

Quelques larmes

Samedi, le départ a été donné dans une houle croisée, sous un temps couvert, à 13h02 comme prévu, avec un vent d'ouest d'une douzaine de noeuds (22 km/h).
Des dizaines de milliers de spectateurs étaient positionnés en mer sur leurs bateaux et, depuis les toutes premières heures de la matinée, sur la côte et les jetées du port pour assister à la sortie des voiliers.
Cinq concurrents -Riou, Gabart, Kito de Pavant (Groupe Bel), Le Cléac'h et le Polonais Zbigniew Gutkowski (Energa)- ont devancé le coup de canon et ont fait l'objet de rappels individuels pour refranchir la ligne de départ.
Un peu moins de 30 minutes après le départ, le Français Marc Guillemot (Safran) ouvrait la marche, suivi par son compatriote Louis Burton (Bureau Vallées) et Stamm.
Les bateaux avaient quitté les pontons à partir de 09h30, sous la pluie, le directeur de course Denis Horeau ayant répondu aux inquiétudes des skippers en leur assurant qu'il y aurait assez d'eau dans le chenal pour sortir sans risque d'échouage.
Stamm a été le premier à larguer les amarres. Un à un, les autres voiliers ont suivi, salués par des applaudissements, des encouragements... et quelques larmes essuyées pudiquement.

300 000 spectateurs

Pour rejoindre la mer libre, les voiliers ont emprunté, l'un derrière l'autre, le chenal du port. Seuls sur la plage avant de leurs bateaux, les skippers ont salué la foule massée depuis les premières heures de la matinée (certains depuis le milieu de la nuit) sur les quais et les jetées.
Cette sortie du chenal des Sables-d'Olonne est un moment toujours extrêmement émouvant, la "marque de fabrique" de cette course quadriennale dont la première édition a eu lieu en 1989-1990.
A la sortie du port, des centaines d'embarcations de spectateurs attendaient les concurrents, des pneumatiques de l'organisation assurant la police du plan d'eau pour s'assurer que les skippers ne soient pas gênés dans leurs évolutions.
Au milieu des nombreuses vedettes, voiliers et même jet skis, tenus à bonne distance par la "sécu", les concurrents ont déposé -quatre minutes avant le départ comme exigé par le règlement- les derniers équipiers encore à bord.
Tous ont pris le départ avec grand-voile haute, tribord amure, cap sur le cap Finisterre (nord-ouest de l'Espagne). Devant leurs étraves: 24.000 milles (44.450 km) et trois mois de grande solitude.

A.F.P

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