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Reclus de Monflanquin (47) : Huit ans pour Thierry Tilly et quatre ans pour Jacques Gonzalez

Le mentor vient de prendre connaissance du délibéré du Tribunal correctionnel de Bordeaux, sur les dix ans requis, le Tribunal l'a condamné à huit ans de prison ferme. Son complice Jacques Gonzalez est condamné à quatre ans de prison ferme.

  • Par Bertrand Lerossignol
  • Publié le , mis à jour le
La décision de justice vient de confirmer l'influence néfaste de ces deux personnes sur une famille de l'aristocratie, totalement obnubilée par le plan de terreur échaffaudé par Thierry Tilly et son complice Jacques Gonzalez. Au terme de plusieurs années de procédure, de jours de débats devant la juridiction, le délibéré est l'épilogue d'une étrange affaire de manipulation psychologique de toute une famille, dépouillée de tous leurs biens.
Délibéré les reclus de Montflanquin

Dix ans d'emprise, alternant menaces et compassion.

Thierry Tilly avait revêtu le costume du parfait ami soucieux du bien être de la famille Védrines. Au début, il prend contact avec la famille, il étaye sa présence sur la menace qui pèse sur la famille. Un complot est ourdi contre toutes les personnes de la famille Védrines. Pour mieux contrôler tout le monde, ils vivent reclus dans la propriété familiale, comme pour tenir un siège face à cette menace fomentée. Directeur de conscience de cette famille, Thierry Tilly en profite pour soutirer des subsides de la richesse de la famille. Au terme de ces années de tortures psychologiques, l'auteur de l'abus de faiblesse soutire ainsi la totalité des biens, et fait procéder à la vente du château familial. Le préjudice est estimé à 4,5 millions €.

Un jugement à la hauteur du préjudice.

Thierry Tilly a été reconnu coupable de plusieurs chefs d'accusation : coupable d'abus de faiblesse de personnes en état de sujétion psychologique, coupable de délit de détention arbitraire, coupable de violence sur personnes vulnérables. Il est également privé de ses droits civils et civiques pendant cinq ans, de fait il est maintenu en détention pour purger sa peine. Son complice est reconnu coupable de complicité et de recel. Lors du procés, les victimes avaient encore du mal à comprendre à quel point ils avaient pu être crédules face aux manipulations de Thierry Tilly. Libérés de cette emprise en 2009, par l'intervention d'anciens reclus échappés de l'influence de Tilly, les victimes conservent des séquelles psychologiques des dix années passées en compagnie de leur tortionnaire.Tous les biens saisis dans le cadre de la procèdure vont être remis aux membres de la famille, voitures de luxe, montres et numéraires.

Le Tribunal motive sa décision.

Dans les motivations de la décision du Tribunal correctionnel, les magistrats notent la portée d'un "complot macchiavélique qui a amené la famille à se dépouiller au profit de celui qui se prétendait comme leur sauveur", le coupable a créé un état de soumission des victimes, il a fait usage de pressions techniques pour maintenir la torpeur : usage de caméras de surveillance, appels téléphoniques, envoi de courriel. Le Tribunal constate une "paranoïa de groupe et une déstabilisation mentale portant atteinte à la personne, en matière de santé, d'études et de profession". Cette décision du Tribunal correctionnel de Bordeaux suscite l'intérêt de certaines familles et de leurs conseils. En jurisprudence, le Tribunal ouvre la possibilité à des parents d'agir en justice lorsque l'un des membres de leur famille est retenu contre son entendement dans un cadre d'emprise.
Les condamnés disposent d'un délai de dix jours à compter de la signification du jugement pour faire appel.
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