Jon Palais, le " faucheur de chaises " jugé à Dax

C'est lundi 9 janvier que s'ouvre le procès de Jon Palais. Ce militant de Bizi ! est jugé pour avoir en octobre 2015 dérobé des chaises dans une agence parisienne BNP Paribas. Une réponse pour le jeune homme au rôle que joue cette banque comme d'autres dans l'évasion fiscale.

  • SV avec AFP
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Le militant altermondialiste Jon Palais est jugé lundi à Dax pour le vol de 14 chaises dans une agence parisienne de BNP Paribas en octobre 2015, un procès que le militant landais et ses amis veulent transformer en tribunal de l'évasion fiscale avec une journée " festive et revendicative ".

De 600 à 1.000 personnes sont attendues par les organisateurs dès la matinée dans la sous-préfecture des Landes, entre réalisation de fresque géante et défilé en musique dans les rues.
De nombreuses interventions sont programmées, comme celle du philosophe Edgar Morin (en vidéo) qui a participé à ces actions ou de José Bové. Plusieurs candidats à la présidentielle - Benoît Hamon (PS), Yannick Jadot (EELV) et Philippe Poutou (NPA) - sont aussi annoncés sur place pour parler lutte contre la fraude et l'évasion fiscale, évaluées entre 60 et 80 milliards d'euros en France, et 1.000 milliards en Europe chaque année.

Le concept de " réquisition citoyenne de chaises " (" Rendez les milliards, nous rendrons les chaises ! ") avait été lancé en février 2015 dans une agence HSBC de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) après le scandale des Swissleaks, par le mouvement basque Bizi (" Vivre ") auquel appartient Jon Palais.

Une quarantaine d'actions collectives de " fauchages de chaises ", dont celle faisant l'objet du procès, avaient ensuite été menées dans d'autres banques, par ANV-COP21, Attac, les Amis de la Terre ou Alternatiba... Ces actions avaient abouti à un " Sommet des 196 chaises " en marge de la COP21, pour souligner le besoin de financement de la transition sociale et écologique. Les fameuses chaises avaient finalement été laissées sur la voie publique, à disposition des forces de l'ordre, à l'occasion de l'ouverture du procès à Paris pour fraude fiscale de l'ex-ministre Jérôme Cahuzac.

La " Team Joly " comme avocates 

Identifié comme un des leaders du mouvement, Jon Palais, qui risque 5 ans de prison et 75.000 euros d'amende pour vol en réunion, est le premier à être poursuivi.
Le président des Amis de la Terre, Florent Compain, a annoncé qu'il serait lui aussi jugé pour des faits similaires le 11 avril à Bar-le-Duc, sur plainte de la
BNP également.

On est dans une démarche de désobéissance civile avec des actions à visage découvert. Les réquisitions ont permis à des gens de transformer leur colère en action non violente constructive pour créer du débat

déclare Jon Palais. Une façon, selon lui, de " dénoncer l'impunité des banques qui organisent l'évasion fiscale par des montages financiers ".

Le militant de 37 ans sera défendu par Eva Joly, l'ex-juge anti-corruption devenue avocate, et sa fille Caroline Joly. " Modestement, la " Team Joly " va tenter de rétablir l'équilibre entre la BNP, championne de la création de structures offshore dans les paradis fiscaux, et un militant en résistance avec des chaises valant quelques dizaines d'euros ", a déclaré l'ex-candidate écologiste à la présidentielle.

De son côté, BNP Paribas assure n'être présente " dans aucun paradis fiscal de la liste de l'OCDE, la seule reconnue mondialement ". Un porte-parole du groupe a expliqué à l'AFP que ce n'était " pas le vol de chaises en soi qui l'avait conduit à porter plainte mais l'intrusion à caractère offensant et violent à l'encontre des clients et collaborateurs de l'agence ".
Se constituant partie civile, mais sans demander a priori de dommages et intérêts, BNP espère une condamnation symbolique afin que " ces actions cessent au plus vite pour un dialogue serein ".

Depuis l'annonce du procès, une soixantaine d'opérations militantes ont eu lieu dans toute la France, devant ou à l'intérieur d'agences du groupe, pour dénoncer les poursuites. La dernière en date a été menée vendredi matin par des militants d'Attac devant une agence de la BNP à Paris.

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