Un religieux jugé en Saône-et-Loire et en Haute-Loire pour des agressions sexuelles

Un religieux de la communauté de Saint-Jean comparaît à partir de jeudi devant les assises de Saône-et-Loire pour des agressions sexuelles commises sur des jeunes filles mineures et le viol d'une majeure. Le 2 juin, il sera jugé au Puy-en-Velay pour une autre agression sexuelle sur mineure.

Le siège de cette congrégation religieuse est le prieuré de Rimont, à Fley (Saône-et-Loire).
Le siège de cette congrégation religieuse est le prieuré de Rimont, à Fley (Saône-et-Loire). © France 3
Les jurés vont passer au crible 17 ans de la vie de ce religieux, membre de la communauté de Saint-Jean. Les faits reprochés à l'accusé, Jean-Dominique Lefèvre, 66 ans, se sont déroulés entre 1990 et 2007, en France et en Roumanie. Des enfants et des adolescents affirment avoir subi des attouchements de la part de cet homme. Une jeune femme, majeure à l'époque, l'accuse de viol. L'avocate d'une des victimes, Me Nadine Thurel, a précisé que les attouchements sexuels sur sa cliente étaient contestés par l'accusé, qui évoque un "geste d'affection".

La communauté de Saint-Jean compte actuellement environ 500 frères, répartis dans une soixantaine de couvents à travers le monde. La maison mère de cette congrégation religieuse est installée à Fley, en Saône-et-Loire. Dans un communiqué publié mardi sur son site internet, elle condamne ce comportement "odieux" et fait son mea culpa : "Nous demandons pardon aux victimes et à leurs familles pour les agissements de Jean-Dominique Lefèvre. Nous regrettons profondément  l’insuffisance des réactions et des décisions de la Communauté à l’époque des faits."

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Procès d'un religieux de Saint-Jean en Saône-et-Loire

Le verdict du procès de Jean-Dominique Lefèvre, qui commence jeudi devant la cour d'assises de Saône-et-Loire, à Chalon-sur-Saône, doit être rendu le 29 mai. Mais quelques jours après, le 2 juin, un autre procès attend le religieux. Il est convoqué devant le tribunal correctionnel du Puy-en-Velay pour l'agression sexuelle d'une mineure en 1991.

Le lourd passif de la communauté de Saint-Jean

Créée en 1975, la communauté des "petit gris" (surnommés ainsi en raison de la couleur de leur habit) a défrayé la chronique plus d'une fois pour dérives sectaires. En 2000, le cardinal Lustiger lui retirait la direction de l'aumônerie du collège Stanislas, à Paris, alors que l'évêque d'Autun de l'époque, Mgr Raymond Séguy, adressait un avertissement aux membres de Saint-Jean. Il mettait "très sérieusement en garde" notamment "contre toute forme de pression ou de contrainte psychologique, affective ou spirituelle". La communauté avait été placée sous surveillance en 2003 par le pape Jean Paul II. 

Ces dernières années, ce sont des scandales sexuels qui éclaboussent la congrégation. En 2012, un religieux mexicain de Saint-Jean avait été condamné à deux reprises : à Angoulême, il avait écopé de 18 mois de prison avec sursis pour agressions sexuelles sur un garçon de 12 ans; puis en Saône-et-Loire à 25 mois de prison ferme pour l'agression d'un lycéen de 17 ans.

Quant au fondateur, le père Marie-Dominique Philippe, il a fait l'objet de révélations après sa mort : des membres de sa communauté l'ont accusé d'abus sexuels. En mai 2013, dans un entretien au journal La Croix en forme de mea culpa, le prieur général frère Thomas Joachim avait reconnu que le père Philippe avait eu "des gestes contraires à la chasteté" envers des femmes qu'il accompagnait spirituellement. 

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