Clermont-Ferrand : comment la qualité de l'air près de l'incinérateur est-elle mesurée?

L'incinérateur traite plus de 220 000 tonnes de déchets par an en provenance du Puy-de-Dôme et du Nord de la Haute-Loire. / © France 3 Auvergne
L'incinérateur traite plus de 220 000 tonnes de déchets par an en provenance du Puy-de-Dôme et du Nord de la Haute-Loire. / © France 3 Auvergne

Depuis deux mois, une station de mesure de qualité de l'air est installée près de l'incinérateur de l'agglomération clermontoise, afin de suivre en continu le taux de particules fines et de dioxyde d'azote. Mais d'autres polluants (dioxines, furannes, PCB) ne sont pas mesurés aussi régulièrement...

Par Céline Pauilhac, Cyrille Genet

Cette station de mesure de la qualité de l'air est le fruit d'une convention entre le Valtom (syndicat pour la valorisation et le traitement des déchets ménagers du Puy-de-Dôme et du Nord de la Haute Loire) qui la finance, l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) et Atmo Auvergne, qui la fait fonctionner… On y mesure les taux de particules fines et de dioxyde d'azote. Ces deux mesures sont disponibles en temps réel sur internet (www.atmoauvergne.asso.fr et www.vernea.fr) et elles sont actuellement en dessous des normes. Elles complètent celles effectuées par la station mobile installée pour mesurer les concentrations en métaux lourds.

Mais les dioxines, le furannes et les PCB ne sont pas mesurés sur cette station en plein champ, alors que ce sont des substances cancérogènes. Enfin, le suivi des dioxines existe bien, mais il s'agit d'une moyenne du rejet effectué pendant une période d'un mois. "On ne trouve que ce qu'on cherche quand on mesure la qualité de l'air. La difficulté qui reste, c'est d'être là au bon moment, ou plutôt au mauvais moment, puisque les émissions de polluants ne sont pas forcement régulières, l'incinérateur ne fonctionne pas de façon régulière, il peut y avoir des incidents... Et si ce n'est pas à ce moment-là qu'on mesure alors on ne détectera pas le problème qui est survenu", reconnaît le président du Valtom, Nicolas Bonnet.

On atteint ici les limites du système ! Le nombre des polluants suivis dépend du financement que le Valtom accorde à Atmo Auvergne… La mesure en continu des dioxines, les furannes et les PCB coûterait 930 euros par semaine.

Polémique autour des capteurs d'air Vernea -Atmo
Reportage : C. Genet, F. Gandilhon, M. Tiouka, J. Arthur, A. Cretin. Intervenants : Serge Pellier (Directeur du Valtom), Juliette Garrigue (Directrice administrative et financière du Valtom), Nicolas Bonnet (Président du Valtom).

 

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