Dans la zone d'appellation Cerdon, dans l'Ain, la fin des vendanges approche. Ici, il est souvent nécessaire de vendanger à la main en raison du vignoble pentu. Un travail difficile, pour lequel les vignerons ont de plus en plus de mal à trouver des candidats.

Des salariés venus de loin

Comme beaucoup de ses confrères du Cerdon ou du Beaujolais, Eric Guyon a décidé de franchir le pas. Cette année, il a fait appel à une entreprise de travail intérimaire espagnole, qui lui fournit des vendangeurs. La plupart sont en fait sénégalais ou équatoriens. Le coût de cette main d'œuvre revient légèrement moins cher au viticulteur car le statut de travailleur détaché implique un salaire français, mais des cotisations sociales espagnoles, moins élevées qu'en France.

Manque de candidats français

Mais ce n'est pas le coût qui a décidé ces viticulteurs. C'est tout simplement le manque de candidats français. "On passe des annonces à Pôle Emploi, on ne voit jamais personne", regrette Gilles Bolliet, viticulteur du domaine Lingot-Martin. Et les travailleurs détachés se révèlent motivés et disponibles. "Ils sont venus là pour bosser", ajoute-t-il.


Un statut en pleine polémique

Le statut de travailleurs détachés, qui permet aux entreprises de baisser le coût de la main d'œuvre en payant les cotisations sociales de pays à niveau de vie moins élevé que la France, fait polémique en France et dans plusieurs pays d'Europe depuis plusieurs années. Ce sujet est revenu au-devant de la scène depuis ce mois d'août, alors que le président français, Emmanuel Macron, s'est engagé dans un bras de fer tendu avec le gouvernement polonais, pour obtenir la révision de ce statut controversé.

Reportage de Béatrice Tardy et Benjamin Métral

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