"L'agriculteur va pouvoir remettre ses vaches dans ces champs", c'est la conclusion désabusée de Maxime Corberand, conseiller municipal de Simandre-sur-Suran. Le jeune homme avait pris une semaine de vacances pour ce festival, et finalement il restera chez lui. Comme les autres habitants, il s'était fait à ce rendez-vous atypique avec une partie Village viking et une autre dédiée à 3 scènes de black metal.

France 3

"La première année, on avait un apriori sur les festivaliers. Finalement, ils se sont super bien comportés et ils ont beaucoup consommé dans les commerces du village. On se demande aujourd'hui si on n'avait pas plus à craindre des organisateurs?", ajoute l'élu. La municipalité en découvre en effet un peu plus chaque jour sur les ardoises laissées. "On a souvent fait pression ces derniers mois sur l'organisation pour qu'ils paient leurs créanciers, ils l'ont notamment fait dans un hôtel-restaurant de Simandre où ils devaient 7.000 euros. Mais là, on se rend compte qu'il y a plus à rembourser."

Un collectif de victimes a déjà recueilli 12 plaintes de prestataires non payés, pour un montant de 128.000 euros. Et c'est ce collectif, créé par des hôteliers, qui a agité les réseaux sociaux ces derniers jours. Selon toute vraissemblance, des prestataires de l'édition 2017 ont eu vent du problème, et auraient demandé des acomptes. L'organisation aurait été incapable de donner ces gages. D'où l'annulation. 

Reportage Franck Grassaud et Valérie Benais


Un endettement de 150.000 euros

Franco Giannelli, joint au téléphone par France 3 Rhône-Alpes, explique que chacun savait que la dette des deux premières éditions avoisinait les 210.000 euros. "Mais ces derniers mois, en respectant des échéanciers, nous avons déjà remboursé 60.000. Il reste donc effectivement 150.000 euros. Avec tout le travail fait par l'équipe, cette nouvelle édition aurait dû permettre de les rembourser."

Mais les créanciers, -la plupart du temps des commerçants indépendants-, ont du mal à croire en cette version. "On nous a dit que dans le monde de la culture c'était comme ça, qu'une année permet de renflouer l'autre. Mais on n'est pas des mécènes. Nous, on a des charges", répond Thibaut Simonet, le propriétaire d'un hôtel qui a accueilli des groupes en 2016. Chez lui, l'ardoise s'élève à 4.000 euros.

"On n'est pas des fous!"

Et des signes ont inquiété. L'association qui gérait le festival a été déclarée insolvable. L'événement a été repris par la société Rising Moon Production. Quant à l'organisateur, il vit désormais en Espagne. Il justifie le passage en société comme étant une marque de la professionnalisation du rendez-vous. "Si on avait voulu fuir nos engagements, croyez-vous qu'on aurait passé 1 an à préparer cette nouvelle édition. On n'est pas des fous!"   

En attendant, sur la page Facebook du Ragnard une procédure est communiquée pour se faire rembourser sa place. Des démarches sont aussi indiquées pour les prestataires lésés. Mais le trésor viking suffira-t-il?