A Saint-Menoux, l'école Steiner-Waldorf propose une pédagogie centrée sur l'homme et l'expérience

L'école de Steiner-Waldorf de Saint-Menoux propose une pédagogie alternative. / © France 3 Auvergne
L'école de Steiner-Waldorf de Saint-Menoux propose une pédagogie alternative. / © France 3 Auvergne

L'école autrement, c'est ce que proposent certains établissements à des parents déçus par le système éducatif classique. C'est le cas de l'école Steiner-Waldorf de Saint-Menoux (03), un établissement hors contrat qui s'appuie sur une pédagogie alternative.

Par FG

A l'école Steiner-Waldorf de Saint-Menoux (03), la journée commence par des chants et des récitations, dont une partie en anglais. Une fois le corps et l'esprit éveillés par la partie rythmique, la matinée se poursuit par du dessin. Puis de l'astronomie. "On va sortir et vous allez essayer de me dire où le soleil se lève et quelle va être sa course" annonce l'enseignante.  Le cours s'attache à décrire les cycles de la nature et leurs influences sur les humains.

Expliquer les grandes questions et la nature humaine dans une dimension scientifique : voilà la base de la méthode pédagogique des écoles Steiner-Waldorf. L'homme y est au centre de l'apprentissage, tout comme les expériences. "Ça donne un aspect concret" explique Ludivine Lutton, professeur. "Ca fait bouger les enfants et c'est réel. Les enfants ont vraiment besoin de se lier à ce qu'on leur dit, et s'ils peuvent le faire physiquement, alors la moitié du chemin est fait."

La récréation dure une demi-heure. Les 74 élèves sont encadrés par des professeurs qui les suivent souvent tout au long de leur scolarité, de la sortie du jardin d'enfant jusqu'au niveau lycée. "Il y en a que je connais très bien et avec qui j'ai vraiment un lien" poursuit Ludivine Lutton. "Je connais leurs chemins d'apprentissage, ce qui va les remotiver ou leur permettre d'aller plus loin. J'essaie de comprendre qui ils sont pour les aider à avancer."

En un siècle, un millier d'écoles similaires ont ouvert dans le monde dont une quinzaine en France. Toutes suivent les théories éducatives de Rudolph Steiner, un penseur autrichien de la fin du XIXème et du début du XXème siècle. Il est à l'origine de l'anthroposophie, qui se définit comme une spiritualité qui tend à développer la conscience humaine. La médecine, l'éducation ou encore l'agriculture biodynamique ont été particulièrement étudiées. Mais ce courant de pensée, souvent décrit comme mystique, parfois occulte, est à l'origine de polémiques.

Si les établissements scolaires ne sont pas liés à la société universelle d'anthroposophie, en juin 1999, un rapport parlementaire accuse les écoles Steiner de dérives sectaires. Une série d'inspections ne confirment pas ce fait. En 2001, Jack Lang, alors Ministre de l'éducation lave les écoles Steiner de toutes accusations, mais la réputation reste.

"On ne fait pas les écoles pour former des anthroposophes, pas du tout" se défend Léo Strac, professeur d'histoire. "On accueille tous les enfants pour qu'ils deviennent ingénieurs, chercheurs, artistes ... dans tous les domaines ! Ce qui nous importe, c'est qu'ils trouvent un sens à leur propre chemin de vie."

Ici les élèves étudient jusqu'à en 9ème, l'équivalent de la fin du collège. Ensuite pour beaucoup cela sera un lycée de l'éducation nationale. Zvétia, l'une des élèves, a fait toute sa scolarité dans une école Steiner. Elle n'a pas vraiment d'appréhension face au système classique : "Chaque fois que j'essaie d'en parler, c'est toujours les autres qui me posent des questions sur mon école !"

Enseigner dans une telle école est souvent une vocation. Mairie-Eve Mainaud à découvert la méthode Steiner lorsqu'elle était étudiante au Québec pour devenir professeur. Aujourd'hui, elle enseigne "le français, les sciences et le mouvement" à Saint-Menoux. "Je me suis sentie sollicitée en tant que pédagogue d'une manière qui m'a fait vibrer. Je me suis dit que je pourrais être artiste et pédagogue, et que je ne m'ennuierais jamais."

Beaucoup de parents se sont installés ici avec leur famille pour scolariser leurs enfants dans cette école. Souvent, il s'agit de leur éviter le système d'enseignement classique qu'ils jugent traumatisant.

"Problèmes d'orientation, problèmes de confiance en soi, problème pour trouver vraiment sa voie ... Moi j'en ai souffert !" explique Benoît Barthelemy, parent d'élève. "Et puis le système de notation ... il faut être bon à l'école pour être valorisé. Ici, ça n'est pas le cas. On prend le temps. On respecte les élèves pour ce qu'ils sont en tant qu'individu et pas en tant que masse. Pour moi, c'est un chemin de liberté."

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