Aveugle de naissance, il crée une bibliothèque sonore en ligne pour les malvoyants

Aujourd'hui, Manu se trouve à l'abbaye de Saint-Antoine-L'Abbaye afin d'enregistrer une "photo sonore" des orgues.
Aujourd'hui, Manu se trouve à l'abbaye de Saint-Antoine-L'Abbaye afin d'enregistrer une "photo sonore" des orgues.

Manu Faouen a créé en 1994 l'association "Découvrir la vie réelle grâce au virtuel", avec laquelle il s'efforce de faire voyager les auditeurs, aveugles ou non, à travers des "photos sonores".

Par Quentin Vasseur

C'est un reportage sur un homme qui fait lui-même des reportages... sauf que les siens visent à faire partager des expériences sonores. Manu Faouen, fondateur et co-gérant de l'association DVRGV, ou "Découvrir la vie réelle grâce au virtuel", enregistrait les sons à Saint-Antoine-L'Abbaye, en Isère.

Son objectif ? Faire voyager l'auditeur sans qu'il ait à quitter son fauteuil, lui faire entendre les sons d'un orage, d'une fête foraine ou encore d'un orgue, assortis de commentaires et d'explications. Ces "phonores", ou photos sonores, s'adressent aussi bien aux malvoyants qui ne peuvent lire qu'aux amateurs de son.

Manu Faouen est aveugle de naissance, et pour lui, il est important de "faire en sorte que la personne qui va écouter se trouve un peu à ma place. Du fait que je sois aveugle, peut-être que je suis plus exigeant sur le rendu sonore que je dois proposer."

Reportage de Denis Vigneau-Dugué, Jean-Pierre Rivet et Eric Achar
Bibliothèque Sonore pour Aveugles
Intervenants: Manu Faouen, Fondateur Co-Gérant DVRGV; Amélie Vincent, Secrétaire Association DVRGV
Son matériel est d'ailleurs adapté à son handicap, puisque les commandes et les réglages se font par la voix. "Tout est vocalisé, explique-t-il, ce qui me permet d’avoir un accès quasiment intégral à l’appareil."

Manu a également installé un caisson de bois de 6 m2 chez lui, à Saint-Marcellin en Isère. Là, il travaille sur ses reportages à destination des auditeurs, aveugles ou non. "Ce serait bien si les employés à leur pause pouvaient mettre un casque et au lieu de fumer une cigarette, par exemple, voyageaient à travers nos sonores, s'enthousiasme Amélie Vincent, secrétaire de l'association.

Celle-ci compte cinq membres et s'efforce de faire découvrir ses "phonores" dans les maisons de retraite, les écoles ou les hôpitaux, mais également sur son site Internet, où elle réfléchit à créer une webradio. Mais la démarche risque d'être difficile, car l'association manque de financements et n'a pour l'heure obtenu aucune subvention.

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