Drôme: la start-up Logelis propose des maisons "écolow cost pour ménages modestes

Les locaux de l'entreprise à Romans-sur-Isère dans la Drôme
Les locaux de l'entreprise à Romans-sur-Isère dans la Drôme

Des maisons "écolow cost de qualité",rapides et simples à construire, performantes au plan énergétique: c'est ce que promet la start-up Drômoise Logelis. Ces premiers logements sont sortis de terre en France mais aussi en Irak où elles permettent d'abriter les nombreux réfugiés.

Par Isabelle Gonzalez

Ce jeudi 14 septembre, la société dévoile à Mours-sur-Eusèbe (Drôme) une maison d'architecte modulaire, qui "s'adapte à l'évolution de la famille", avec l'ajout possible d'une chambre, une remise, un garage", et qui produit sa propre énergie via des panneaux photovoltaïques.
Logelis a démarré son activité début 2016, simultanément dans la Drôme mais aussi en Irak, où 70 logements ont été construits près de la ville d'Erbil, au Kurdistan irakien, pour des familles chrétiennes chassées de la plaine de Ninive au nord du pays,
par le joug jihadiste. L'association l'Oeuvre d'Orient, commanditaire, a été séduite par ces maisons légères, rapides à construire, modulables et démontables, que les réfugiés pourront reconstruire dans leur région d'origine une fois la paix revenue.
Ces logements résistent aux températures extrêmes du pays, qui vont de 50 degrés l'été à -10° l'hiver, et ont été "construits par les réfugiés eux-mêmes, avec l'aide d'un de nos salariés, ce qui a fourni un travail rémunéré pendant 4 mois et demi à 50 personnes", explique Renaud Sassi, chef d'entreprise de 52 ans, fondateur de Logelis en 2013.

Depuis, deux écoles ont vu le jour et un centre d'hébergement autonome en énergie grâce à des panneaux solaires est en cours de construction à proximité de Mossoul, en collaboration avec la fondation EDF.
Et Logelis s'apprête à contribuer à la reconstruction de l'île de Saint-Martin ravagée par l'ouragan Irma, en livrant 6 salles de classe pour la fondation Saint-Martin à Albi, avec une structure en acier résistant à des vents à 300 km/h.

L'innovation apportée par l'entreprise: un panneau de 18 cm d'épaisseur - contre 35 à 50 cm pour un mur traditionnel - composé de deux plaques de ciment fibré séparées par du polyuréthane à très haute densité, qui sert à la fois de mur et d'isolant.
Très industrialisée, la construction est réalisée à 80% en usine. Autre avantage: "la grande longévité du polyuréthane et le fait que les termites et les rongeurs ne l'aiment pas, ce qui le rend très intéressant en Afrique", précise M. Sassi.
Les panneaux en façade peuvent être recouverts d'enduit traditionnel ou de bardage en pierre ou en bois. Ils intègrent électricité et menuiseries - et bientôt aussi, la plomberie.

Construire, un jeu d'enfant 

Ainsi, en supprimant "les marges des sous-traitants et les problèmes de coordination, sources de malfaçons sur le chantier", et en fabriquant ses matériaux de construction dans sa propre usine de Romans-sur-Isère, Logelis livre en 3 mois une maison de
100 m2 pour 116.000 euros TTC.
C'est là un prix de sortie de 1.150 euros le m2, au moins trois fois inférieur au prix moyen, en France, d'un logement neuf, aux alentours de 4.200 euros le m2. "Nous voulions baisser significativement les coûts de construction, en permettant
aux gens qui n'ont aujourd'hui pas les moyens d'acheter de devenir propriétaires",
affirme M. Sassi. "Faire du low cost de mauvaise qualité, c'est facile. Mais faire un logement à haute performance environnementale, mieux isolé et plus solide, avec une plus grande longévité, bon marché: c'est le paradoxe auquel parvient notre entreprise", poursuit-il.
Avec du triple vitrage, ces logements atteignent une consommation énergétique de 15 kilowatts/heure par m2 et par an - une performance bien supérieure aux 50 kwh/m2 imposés par la réglementation RT2012.
Exemple de réalisation modulaire / © Logelis
Exemple de réalisation modulaire / © Logelis
Aujourd'hui, Logelis affiche quelque 400 logements en commande en France. Et des usines ouvriront en 2018 sous contrat de licence au Maroc, à Dubaï et en Arabie saoudite. Sa filiale spécialisée dans la maison individuelle se nomme "Fanfan", suggérant
un jeu d'enfant. "Toute la profession rigole de notre marque mais, nous, on aime bien, il faut
arrêter de se prendre au sérieux", dit M. Sassi. "L'expérience des gens, c'est que construire sa maison c'est long, cher et compliqué. Chez nous, c'est rapide, il n'y a pas de malfaçons et c'est sympa".

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