Affaire Fiona. Berkane Makhlouf : « Fiona, je l'appelais ma p'tite princesse »

Pour la quatrième journée du procès en appel de Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf, la Cour d’assises de Haute-Loire a entendu les témoignages des enseignantes et personnels de l’école où était scolarisée la petite Fiona. / © V. Riffard / France 3 Auvergne
Pour la quatrième journée du procès en appel de Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf, la Cour d’assises de Haute-Loire a entendu les témoignages des enseignantes et personnels de l’école où était scolarisée la petite Fiona. / © V. Riffard / France 3 Auvergne

Pour la quatrième journée du procès en appel de Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf, la Cour d’assises de Haute-Loire a entendu les témoignages des enseignantes et personnels de l’école où était scolarisée la petite Fiona.

Par K.T. avec V. Pasquier

« Fiona était une petite fille bavarde, très coquinette. Elle venait tout le temps vers nous, elle parlait sans arrêt » se souvient Nathalie, ATSEM à l’école de Clermont-Ferrand où était scolarisée Fiona. Elle n’a pas oublié la dernière fois qu’elle a vu Fiona : « Elle avait le teint mat, terreux. Je lui ai demandé si ça allait bien, elle m'a répondu "bah oui!". Elle était étonnée que je pose cette question. (...) Je n'avais jamais vu un enfant dans un état pareil. ». Face aux jurés, Cécile Bourgeon ne dément pas : "Oui, c'est vrai". Ce jour-là, elle avait le teint décrit pas madame l'ATSEM (...) Je ne sais pas pourquoi ». « Elle devait peut-être être malade ».
Lorsque Nathalie s'est alarmée du teint de Fiona, elle a appelé sa collègue Céline qui a confirmé que l'état de la fillette était anormal. Ce 7 mai 2013, elle lui prend la température, mais Fiona n'a pas de fièvre. Elle n'a pas remarqué de bleus ou d'hématomes sur le corps de la fillette. A part son teint, elle n'avait rien d'alarmant.

 J'ai l'impression... j'ai l'impression de m'être fait avoir 



 Interrogée sur la relation qu’entretenait Fiona avec Berkane Makhlouf, Nathalie est affirmative : « Lorsqu'il arrivait pour venir la chercher, elle lui sautait dans les bras ». « Elle m’aimait bien » déclare alors Berkane Makhlouf. Et de poursuivre : «  Je l'appelais ma p'tite princesse ».
Céline, la seconde ATSEM venue à la barre confirme, en sanglots, que Fiona courait bien dans les bras de B. Makhlouf. « Comme votre collègue, vous avez pleuré lorsqu’a été évoqué le bon rapport qu’il y avait entre B. Makhlouf et Fiona » interroge l’avocate de la partie civile. « J'ai l'impression... j'ai l'impression de m'être fait avoir » reconnaît Céline. Et de s’interroger en pleurs : « Pourquoi Fiona ne m’a rien dit ? ». "Fiona a fait comme les enfants battus," lui a répondu l'avocate des parties civiles.

Une scolarité en pointillés



Le président énumère les jours d'absence de Fiona à l'école pendant sa dernière année de scolarisation. Fiona était absente à raison d'un jour par semaine en moyenne, notamment les lundi matins. Elisabeth, professeure des écoles explique que lors des absences de Fiona, Cécile Bourgeon évoquait des excuses diverses : « Elle a des problèmes de santé, elle fait de l'asthme... Ce qu'elle me disait allait dans le sens de ce que je voulais savoir ».
Fiona portait un épais bandeau jaune sur la tête ce 7 mai 2013. Un bandeau qui lui « donnait une mauvaise mine » et tenait avec deux épingles. « Ce n'était pas un bandeau de petite fille » considère l'enseignante.

Je crois que Berkane lui avait donné un coup 



Appelée à la barre, Corinne, agent d’accueil au cinéma Le Jaude de Clermont-Ferrand est l’une des dernières personnes à avoir vu Fiona vivante. Elle se souvient de « l’état déplorable » de la fillette. Elle avait une bosse sur le front, un bleu au niveau de l'œil, elle était très blanche, décrit Corinne. Un témoignage corroboré par des caméras de surveillance. Lorsqu'elle a appris la disparition de Fiona, l'agent d'accueil a eu un pressentiment : "J'espère que ce n'était pas la fille que tu as vue, et que les parents font passer ça pour une disparition", s'est-elle dit. « Je me suis dit que cette petite était en danger... Je me suis dit "zut, pourquoi j'ai pas été en pause à ce moment-là !" - je l'avais eue plus tard ce jour-là. Si j'avais été en pause, je les aurais certainement suivis, pour repérer où ils habitaient, relever un numéro de plaque, pour éventuellement faire un signalement. Mais j'étais prisonnière de mon lieu de travail ».  Reste que l’agent d’accueil est catégorique, en 34 ans de métier elle a croisé beaucoup d’enfants blessés, mais l’état de Fiona l’a particulièrement bouleversée.

 C'est pas des souvenirs qu'on a envie de garder 



L’avocat général demande alors à Cécile Bourgeon pourquoi Fiona portait un bandeau au cinéma ? « Je sais plus » répond la mère de Fiona. « Je crois que c'était parce que Berkane lui avait donné un coup ». « C'est faux! T'as jamais parlé de ça! » réplique l’intéressé. Cécile Bourgeon ne se rappelle pas pourquoi Berkane Makhlouf aurait frappé Fiona au visage, ni quand. « C'est pas des souvenirs qu'on a envie de garder » justifie Cécile Bourgeon.
Mis en cause, Berkane Makhlouf interpelle son ex-compagne : « Est-ce que tu m'as vu donner des coups à Fiona? Est-ce que tu m'as vu donner une fois des coups à Fiona? ». Cécile Bourgeon reste alors immobile et muette…


Affaire Fiona. Quatrième jour du procès en appel au Puy-en-Velay
Compte-rendu de la quatrième journée du procès en appel de Cécile Bourgeon ety Berkane Makhlouf aux assises de Haute-Loire. Intervenants : Me Antoine Portal, Avocat fédération des comités Alexis Danan pour la protection de l'enfance / Charles Fribourg, Avocat de Nicolas Chafoulais / Marc Grimaud, Avocat association Innocence en danger /  - V. Riffard / E. Monnier / G. Malfray / France 3 Auvergne

 

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