C'est une pratique déjà ancienne de baptiser les cyclones tropicaux. L'utilisation d'un nom court et distinct à la fois pour les communications parlées et écrites permet d'aller vite. Le risque d'erreur est moindre qu'avec les méthodes plus lourdes d'identification par la latitude et la longitude.

"Un nom est beaucoup plus facile à retenir que des chiffres et des termes techniques", souligne l'Organisation météorologique mondiale (OMM), institution spécialisée de l'ONU basée à Genève.

"Accoler un nom à un cyclone tropical facilite le travail des médias, renforce l'impact des avertissements et accroît la préparation des populations", ajoute l'OMM.

Yvette a remplacé Isis


La surveillance des tempêtes et cyclones dans le monde est confiée à différents organismes en fonction de l'endroit où ces événements prennent naissance. Ils sont entre autres chargés de proposer des listes de noms pour les phénomènes climatiques sévères à venir dans leur zone.

L'OMM, qui dispose de correspondants dans chaque région, donne son avis et intervient au besoin pour éviter d'éventuelles polémiques.

Ainsi, en avril 2015, un comité d'experts de l'OMM a retiré le prénom "Isis" de la liste des cyclones à venir en 2016 dans la région Nord-Pacifique car le nom de la déesse égyptienne est devenu également un des acronymes anglais du groupe Etat Islamique (EI). Le cyclone a pris le nom plus anodin d'Yvette...

Petite amie ou politicien honni  ?


Le besoin de donner un nom aux cyclones est apparu dès la fin du XVIIIe siècle. Jusqu'au début du XXe siècle, les ouragans qui frappaient les îles espagnoles des Caraïbes étaient nommés selon le saint patron du jour.

En Australie, vers la fin du XIXe siècle, un météorologue a l'idée de baptiser les cyclones de noms de politiciens qu'il n'aimait pas.

Pendant la Seconde guerre mondiale, les marins américains ont commencé à baptiser régulièrement les ouragans. Ils leur donnaient souvent le nom de leur femme ou de leur petite amie.

En 1950, le Bureau météorologique américain décide de donner systématiquement un nom aux ouragans et reprend l'alphabet des transmissions (Charlie etc.).

Puis à partir de 1953, il se met à utiliser des prénoms de femmes. Mais dans les années 1970, les féministes américaines protestent contre cette association avec des phénomènes dévastateurs. En 1979, la parité est établie: les prénoms féminins et masculins alternent désormais.

Six listes ont ainsi été établies dans la zone de l'Atlantique nord et et elles sont reprises tous les six ans. Mais lorsqu'un ouragan a fait beaucoup de victimes et de dégâts, son nom est retiré de la liste. Ainsi, il n'y aura plus de Katrina.