I Wheel Share, une application qui “roule”

© dr
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Zoom sur l'application mobile  "I Wheel Share", sortie fin décembre 2015, que l'on doit à deux jeunes ligériens : Audrey et Lucas Sovignet. Il s'agit d'une application de cartographie des expériences et lieux adaptés ou non aux personnes en situation de handicap. Prometteur et citoyen !

Par Dolores Mazzola

L'idée de cette application est née en janvier 2014. Audrey Sovignet a été sensibilisée à la problématique du handicap après l'accident dont a été victime son jeune frère Lucas. Ce dernier est aujourd'hui âgé de 20 ans et croque la vie. Mais c'est au sortir du centre de rééducation, "qui joue un rôle de cocon", que le jeune homme, paraplégique, rencontre des difficultés... accès aux salles de cinéma, boîtes de nuit, simples déplacements et sorties du week-end peuvent vite relever du parcours du combattant. Graphiste de formation, la jeune femme, qui était à l'époque en formation en programmation informatique au sein de l'école Simplon, décide alors de s'emparer de la question.
Audrey et son frère Lucas, le duo créateur de l'appli "I Wheel Share". / © "I Wheel Share"
Audrey et son frère Lucas, le duo créateur de l'appli "I Wheel Share". / © "I Wheel Share"

La start-up et l'application "I Wheel Share" (du verbe anglais "to share", partager et du terme "wheelchair" qui signifie "fauteuil roulant") sont nées d'un double constat : les personnes handicapées vivent tous les jours des situations difficiles, embarrassantes et parfois "révoltantes", explique la co-créatrice de l'appli. Les témoignages et anecdotes fourmillent sur internet, sur des pages Facebook, des forums et autres blogs... mais de manière très éparpillée.

L'idée de la start-up : offrir un espace de discussion et de partage d'expériences aux personnes en situation de handicap. En fauteuil roulant... mais pas seulement. L'application s'adresse aussi aux sourds et malentendants, aux personnes atteintes de déficiences visuelles. Avec I Wheel Share, il est possible en quelques clics seulement, de partager une expérience du quotidien, une anecdote, un bon plan ou évoquer une mésaventure, une situation "galère". De signaler des aménagements urbains défaillants ou inexistants... 

Une carte interactive et une touche d'humour

© I Wheel Share
© I Wheel Share

Comment fonctionne "I Wheel Share" ? Une fois l'application gratuite téléchargée, il suffit de créer son profil. On peut rédiger un message, l'accompagner ou non d'une photographie du lieu dont on parle (restaurant, bar, espace public, entreprise...). Le texte est alors classé par son auteur dans une des six catégories, positives ou négatives, proposées par l'appli. Elles sont au nombre de six : "ça roule", pour saluer une bonne accessibilité par exemple, ou "bâtons dans les roues" pour attester du contraire. Les autres catégories sont également très parlantes : "Bien entendu" ou "dialogue de sourd". Enfin, "les yeux fermés" ou "ouvrir l'oeil"... 
© I Wheel Share
© I Wheel Share


"Les porteurs de handicaps peuvent s'exprimer sur une expérience positive ou négative, tout en la géolocalisant sur une carte," explique Audrey Sovignet.



Les membres de la communauté sont en relation directe et s’expriment librement et sans complexes. A ce jour, l'application disponible sur IOS recense près de 300 témoignages et a été téléchargée plus de 250 fois, selon sa co-créatrice. Elle sera aussi disponible début mars en version Android. Outre le site internet, la start up I Wheel Share est également présente et active sur les réseaux sociaux. Les témoignages sont relayés sur Facebook ou twitter...

Du carrot-mob pour favoriser l'accessibilité

Mais I Wheel Share ne se contente pas de répertorier des lieux accessibles et des expériences plus ou moins positives. Elle surfe aussi sur une tendance venue des Etats-Unis et baptisée "Carrot-mob". "C’est l’idée qu’il est possible d’inciter les personnes à agir pour certaines causes en utilisant la carotte et non pas le bâton," explique Audrey. L'application mobile a également pour objectif de sensibiliser les valides aux problématiques du handicap, à ses enjeux, de leur permet de s'impliquer en faveur de l'accessibilité...  Exemple : l'équipe de "I Wheel Share" peut aider à organiser un évènement dans un restaurant non accessible. La communauté se mobilise et l'établissement gagne en notoriété. L'argent récolté peut alors être utilisé par exemple pour rendre le lieu plus accessible (achat d'une rampe, élaboration d'un menu en braille, formation à la langue des signes... etc). Un échange gagnant - gagnant. En bref : une main tendue plutôt que le boycott ou la dénonciation des mauvais comportements. 

Avant même son lancement, l'appli I Wheel Share a déjà remporté plusieurs prix. La start-up a lancé avec succès une campagne de financement participatif en juillet dernier. Une appli prometteuse. Mais Audrey Sovignet, en jeune chef d'entreprise, n'entend pas en rester là... Son prochain cheval de bataille : l'emploi des personnes handicapées

Le clip de la campagne de crowdfunding

I Will Share dans Rhône-Alpes Matin
 

 

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