Agriculteur, un métier de plus en plus précaire, y compris en Isère

C'est la MSA, la "Sécu" agricole qui le dit : près de 50 % des agriculteurs français touchent moins de 350€ par mois, prime et aides sociales mises à part. Il y a deux ans, ils n'étaient que 18 %. L'Isère n'échappe pas à la règle. Rencontre avec Amandine, éleveuse dans le Trièves. 

Par Jean-Christophe Pain

A Mens, au coeur du Trièves, Amandine Fumex, dite "la Bergère", s'occupe de brebis depuis 22 ans. D'abord salariée, elle s'est mise à son compte il y 15 ans maintenant.

« J'étais loin d'imaginer ce qui m'attendait. Une fois que j'ai acheté le troupeau, je n'avais plus le choix... donc j'ai continué. J'ai assumé. Je ne regrette pas, mais ça été très dur, je ne recommencerais pas. »

Pour vraiment en vivre, il faudrait 400 brebis mères à Amandine. Mais actuellement, son troupeau ne compte que 200 bêtes. C'est grâce à la vente directe de sa viande qu'elle réussit à "survivre" de son métier.

précarité monde agricole
Intervenante : Amandine Fumex Equipe : Aurore Trespeux, YM Glo, Alain Galtier, JJ Picca

En 2014, au niveau national, 18 % des agriculteurs avaient un revenu inférieur à 350€ par mois hors aides financières. Deux ans plus tard, ils étaient 50 % dans ce cas, d'après la MSA, la Sécurité Sociale des agriculteurs. Des situations très difficiles qui peuvent conduire au pire. 

Selon Amandine, la vente en gros ne permet plus de vivre, seuls les agriculteurs transformateurs réussissent à maintenir un équilibre.

Face à cette situation difficile, la MSA a appliqué des mesures d'urgence en 2016. Elle a allégé de 560 millions d'euros les charges sociales.



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