Les demandeurs d'asile du squatt Canada sont accueillis à Autrans en Isère

© Céline Aubert-Egret
© Céline Aubert-Egret

31 des rescapés de l'incendie du squatt Canada au Village Olympique de Grenoble sont arrivés au Centre Départemental de la Jeunesse d'Autrans dans le Vercors. Ils sont pour la plupart demandeurs d'asile. Ils vivent dans la rue depuis des mois.

Par Jean-Christophe Pain


C'est enfin le moment qu'ils attendaient... entrer dans les chambres, poser leurs rares affaires personnelles, prendre une douche. Pour beaucoup, c'est la première fois qu'ils vont dormir dans un lit depuis qu'ils sont arrivés en France.

"Il fallait que quelque chose arrive... pour que l'Etat s'occupe de nous !" regrette Dieudonné, demandeur d'asile gabonais. Il ajoute : "C'est vraiment une grâce pour moi d'être accueilli ici, c'est magnifique... la façon dont les gens nous ont accueillis ici, que Dieu les bénisse!"

Il y a un an, Dieudonné a fui le Gabon pour des raisons politiques. En France, il a vécu dans la rue, dans les gares, avant d'échouer dans le squatt du Village Olympique. Des parcours terribles, qu'ils ont raconté aux associations d'Autrans qui les ont accueillis.  


Reportage Céline Aubert et Dominique Semet
L'accueil des réfugiés à Autrans
Intervenants : Dieudonné Demandeur d'asile originaire du Gabon, Thierry Gamot Maire d'Autrans-Méaudre-en-Vercors, Barthélemy Anciaux Directeur du Centre Départemental de la Jeunesse d'Autrans, Andy Demandeur d'asile originaire du Cameroun


"On a une image des migrants, un espèce de paquet indifférencié... mais quand on rencontre les gens, qu'on les touche, qu'on les rencontre, qu'on écoute ce qu'ils ont vécu, ça prend corps, ça prend chair" déclare Thierry Gamot, le maire d'Autrans-Méaudre-en-Vercors.

Après l'incendie, il a fallu trouver un toit aux sinistrés de la Tour Canada. La Préfecture a demandé à la Ligue de l'Enseignement d'accueillir une trentaine d'entre eux dans ce centre de vacances à Autrans.


"Pouvoir enfin réfléchir à ce qu'on va devenir"


Andy a 23 ans. Il a fui les guerres ethniques au Cameroun. Il a perdu toute sa famille. Il a été emprisonné, torturé. Soulagé lui aussi de ces quelques jours de répit dans le Vercors, il n'a qu'une crainte, celle de retourner à la rue.

"On était hyper nombreux dans ce squatt... nous sommes seulement 36 ici.... je sais pas ce que les autres vont devenir... j'espère qu'on nous trouvera des logements dignes de ce nom... qu'on puisse trouver le sommeil, et réfléchir à ce qu'on a va devenir"

Chaque cas, chaque dossier va être examiné. D'ici dix jours, ils seront transférés dans des centres d'hébergement pour demandeurs d'asile. Tous devraient obtenir le statut de réfugiés qu'ils demandent depuis des mois.

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