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La banque publique d'investissement porte plainte à Grenoble contre le repreneur d'Ecocis

L'entreprise de pâte à papier Ecocis, à Voreppe, en Isère.  / © France 3 Alpes
L'entreprise de pâte à papier Ecocis, à Voreppe, en Isère. / © France 3 Alpes

La banque publique d'investissement dédiée aux PME, Bpifrance, a indiqué jeudi avoir porté plainte contre un homme d'affaires italo-autrichien, repreneur d'une usine de papier grenobloise dans laquelle elle avait investi mais liquidée récemment en raison d'une trésorerie anormalement faible.

Par France 3 avec AFP

Bpifrance, entrée au capital de la société en difficultés Ecocis à hauteur de 10,9 millions d'euros, a indiqué à l'AFP avoir "déposé une plainte au pénal devant le tribunal de Grenoble le 13 septembre contre Martin Gruschka", un entrepreneur qui avait été choisi pour relancer l'usine de papier, confirmant une informatique du quotidien Le Monde.

Une démarche "assez exceptionnelle" de la BPI 


La démarche de Bpifrance est "assez exceptionnelle", souligne la banque.

L'entreprise Ecocis, née sur les ruines du papetier Vertaris, à Voreppe près de Grenoble, avait bénéficié du soutien financier de la banque publique d'investissements pour acheter une imposante machine de séchage en Finlande, la ramener en France, la remonter dans l'usine pour produire de la pâte issue de papier recyclé.

Bpifrance avait investi aux côtés du fonds Springwater Capital qui avait remporté un appel d'offres lancé par la communauté de communes pour reprendre le site de recyclage de papier usagé pour en faire de la pâte à papier de haute qualité.

Cette stratégie devait permettre de viser un marché mondial, dans les secteurs du "papier de bureau, du carton mais aussi de l'hygiène et non plus uniquement le marché très difficile des papiers de journaux magazines, qui était la première vocation du site", explique Bpifrance.

Mais au début de l'été 2016, la banque a été "interpellée par des difficultés de trésorerie" de la société, jugées "anormales au vu de la trésorerie qu'elle était supposée avoir". La cessation de paiement a été constatée dès l'été et le tribunal de commerce a placé l'entreprise en liquidation judiciaire en février.


Il ne va pas y avoir d'indemnité, on va partir avec quelques centaines d'euros au mieux, la prime légale de licenciement.


"Les salariés ont reçu mardi et mercredi leur lettre de licenciement", a indiqué à l'AFP Bruno Vignot, délégué CGT. "Il ne va pas y avoir d'indemnité, on va partir avec quelques centaines d'euros au mieux, la prime légale de licenciement. On part avec nos yeux pour pleurer", a-t-il ajouté.

L'établissement bancaire a affiché sa "sidération face à l'épuisement de la trésorerie" et aux impayés dont ont été victimes les fournisseurs, estimant que le projet était "prometteur" et que les commandes mais aussi "les compétences" étaient réunies pour faire fonctionner le site qui employait 51 personnes.

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