Le crâne conservé dans les archives de l'Isère est-il celui du chevalier Bayard ?

Une sculpture en bronze du chevalier Bayard réalisée en 1840. / © Baron Carlo Marochetti
Une sculpture en bronze du chevalier Bayard réalisée en 1840. / © Baron Carlo Marochetti

Un descendant du chevalier dauphinois "sans peur et sans reproche" des guerres d'Italie présentera jeudi en conférence de presse jeudi sur l'identification de son ancêtre. Les analyses d'un crâne retrouvé sur une étage de l'archive de l'Isère ont aussi permis une reconstruction de son visage en 3D.

Par France 3 Alpes avec AFP.

Le préfet et romancier Jean-Christophe Parisot de Bayard, descendant du chevalier Bayard, doit dévoiler ce jeudi 28 à Montpellier les résultats d'une l'étude de l'ADN d'un crâne qui serait celui de son ancêtre, le "chevalier sans peur et sans reproche" né au 15e siècle, ainsi que la reconstitution de son visage.

On sait que c'est lui, on va pouvoir voir son visage


"On sait que c'est lui, on va pouvoir voir son visage, le rendre à sa famille et célébrer des obsèques dignes de son rang", assure Jean-Christophe Parisot de Bayard, premier préfet handicapé de France, âgé de 50 ans.


Depuis deux siècles, historiens et passionnés tentent d'identifier les restes du héros des guerres d'Italie, né en 1476 au château de Bayard, à Pontcharra (Isère) et mort d'un coup d'arquebuse en 1524 à Romagnano Sesia, dans le Piémont italien. Il fut d'abord enterré au couvent des Minimes à Saint-Martin-d'Hères, dans la métropole grenobloise, mais ses restes ont été transférés par la suite.

Resté dans l'Histoire pour sa bravoure et sa loyauté envers Charles VIII, Louis XII puis François Ier, le chevalier Bayard fut représenté par plusieurs peintres et sculpteurs, et devint l'emblème d'automobiles, de réveils ou de revues au 20e siècle.


Jean-Christophe Parisot, qui obtint l'autorisation en 2012 de relever le nom de son ancêtre, assure aujourd'hui que l'étude de l'ADN mitochondrial d'un des crânes, entreposé sur une étagère des archives de l'Isère, a rendu possible l'identification du chevalier et la reconstruction de son visage en 3D.


M. Parisot de Bayard a demandé à l'été 2015 au professeur Gérard Lucotte de l'Institut d'Anthropologie génétique moléculaire de Paris, spécialiste des questions génétiques, d'analyser le crâne. Un prélèvement a eu lieu le 9 février 2016 au Musée Dauphinois, à Grenoble.
Portrait du XVIe siècle de Pierre Terrail, chevalier du Bayard. / © Auteur inconnu
Portrait du XVIe siècle de Pierre Terrail, chevalier du Bayard. / © Auteur inconnu


Un ADN identique à celui d'un descendant


Selon le descendant du chevalier, les cinq marqueurs testés par le Pr Lucotte montrent qu'il s'agit bien du chevalier Bayard; la couleur des yeux (marrons), des cheveux (châtains), la peau pâle, un visage anguleux et l'ADN mitochondrial identique à celui d'un descendant en ligne féminine de la famille maternelle du chevalier.

Vingt-cinq générations séparent le "chevalier sans peur et sans reproche" de ses actuels descendants.

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