General Electric à Grenoble : Bruno Le Maire nie toute négligence pour répondre à Arnaud Montebourg

Bruno Le Maire, le 4 octobre 2017, à l'Assemblée nationale / © ERIC FEFERBERG / AFP
Bruno Le Maire, le 4 octobre 2017, à l'Assemblée nationale / © ERIC FEFERBERG / AFP

Le ministre français de l'Economie, Bruno Le Maire, a nié mercredi 4 octobre toute négligence dans le rapprochement entre Alstom et Siemens, en réponse à son prédécesseur Arnaud Montebourg qui a brandi la menace de poursuites pénales à son encontre.

Par France 3 Alpes (avec AFP)

"Il n'y a pas d'utilisation frauduleuse de fonds publics et il n'y a aucune négligence (...) justement parce que je n'utilise pas des fonds publics pour faire de la spéculation sur le dos du contribuable", a affirmé le ministre lors d'une audition à l'Assemblée nationale.


Le Maire passible de poursuites pénales, indique Montebourg

A Grenoble lundi, devant les salariés menacés de GE Hydro/Alstom, M. Montebourg a affirmé que si l'Etat n'exerçait pas son option d'achat sur les 20% d'Alstom prêtés par Boyugues, option exerçable avant le 16 octobre, M. Le Maire pourrait être passible de poursuites pénales pour "détournement de fonds publics par négligence".


Face aux députés de la commission des Finances, le ministre a réagi vivement ans aux allusions faites à l'affaire Tapie, pour laquelle l'ex-ministre Christine Lagarde a été condamnée pour "négligence" par la Cour de justice de la République, tout en étant dispensée de peine. "Que chacun veille bien à ne pas franchir certaines lignes rouges dans le cadre de ce débat", a-t-il prévenu, citant nommément le député Gilles Carrez (LR). M. Montebourg avait également évoqué lundi le précédent Lagarde.


"Germanophobie" à l'encontre de Siemens

M. Le Maire, lors de son audition, a assuré que l'entrée au capital d'Alstom de la part de l'Etat aurait empêché sa prise de contrôle par Siemens. "L'opération entre Siemens et Alstom n'aurait pas eu lieu si l'Etat avait exercé ses options d'achat sur les titres d'Alstom", a-t-il affirmé. "L'opération n'était tout simplement pas possible et, dans ce cas, Siemens se serait tournée vers l'autre option qu'il avait sur la table, qui était le rachat de Bombardier qui, je le rappelle, a des sites représentant 2.000 emplois en France", a-t-il poursuivi.

Le ministre a par ailleurs dénoncé "la suspicion que certains font peser sur Siemens". "J'ai un peu de mal à comprendre, sauf par xénophobie ou germanophobie à peine dissimulée les critiques de certains, d'ailleurs sur beaucoup de bancs, de toute la classe politique, vis-à-vis de Siemens", a-t-il regretté. "On peut critiquer certains points bien entendu, mais je trouve que faire jeter la suspicion sur le partenaire allemand comme certains le font est d'abord faux par rapport à la réalité de ce que Siemens a fait en France et dangereux du point de vue politique", a-t-il dénoncé.

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