Grenoble : une série d'incendies et de dégradations revendiqués par des militants anticapitalistes

© Xavier Schmitt - France 3 Alpes
© Xavier Schmitt - France 3 Alpes

11 véhicules d'Enedis incendiés dans la nuit du lundi 29 au mardi 30 mai 2017, c'est la dernière d'une longue série de dégradations commises depuis le mois de mars à Grenoble. Des actions revendiquées par des militants anticapitalistes bien implantés dans la capitale des Alpes.

Par YG avec AFP

Plusieurs incendies de véhicules et dégradations de locaux ou d'équipements, survenus à Grenoble depuis le mois de mars, ont été revendiqués par des militants anticapitalistes, a-t-on appris mercredi auprès de la police, qui suit de près ce nouveau type d'actions. Dans la nuit de lundi à mardi, onze véhicules utilitaires d'Enedis ont été volontairement incendiés sur un parking de l'entreprise et un texte a été posté mardi sur un site de la mouvance anarcho-libertaire pour revendiquer ce "sabotage".

Cette action a été expliquée au nom de la lutte contre "un des mille avatars de l'infrastructure capitaliste". Enedis installe aussi les compteurs connectés Linky, "dispositif pionnier dans la déferlante de technologie domestique" et symbole, selon eux, de la "logique de dépossession de moyens de produire nous-mêmes notre énergie".

L'enquête pour "destruction par incendie" a été confiée conjointement à la police judiciaire et à la sûreté départementale.

Auparavant, 185 composteurs-valideurs de stations de tramways de la Semitag (transports publics) avaient été mis hors d'usage le 11 avril 2017.
Le 28 mars, sept véhicules de la Métropole de Grenoble avaient été incendiés au nom de la lutte contre les "sites de stockage et d'exploitation de la ressource humaine". Le 23 mars, c'était sept véhicules dont trois du centre communal d'action sociale (CCAS) de Grenoble, accusé de "cogérer la misère".
Enfin, la première action revendiquée avait été le saccage de la permanence Les Républicains (LR) en centre-ville le 21 mars, pour exprimer le "dégoût" de la politique prônée et le rejet des partis "sentinelles d'un ordre marchand".

A Grenoble, les anarcho-libertaires compteraient un noyau d'une "cinquantaine de militants actifs", pouvant agréger d'autres personnes au moment des actions, selon une source proche du dossier. Ils agissaient jusqu'à présent plutôt en fin de manifestations ou lors de conflits sociaux, avec destructions de magasins et affrontements avec les forces de l'ordre.

"Ce type d'actions, ciblées, et le caractère sériel, c'est nouveau à Grenoble", a assuré la même source, faisant part d'une "inquiétude s'ils venaient à monter en puissance, à s'attaquer à des objectifs plus gros et plus dangereux, avec le risque que ça dérape".

Le texte de revendication, publié mardi, listait de manière non exhaustive leurs "ennemis" ("Vinci, Suez, Eiffage, le CEA") et parlait de "partager cette pratique du sabotage".

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