On se doutait bien que les pigments injectés lors du tatouage ne restaient pas seulement au niveau de la peau.

Le synchrotron de Grenoble en apporte aujourd’hui la preuve dans une étude publiée ce mardi 12 septembre 2017 par la revue Scientific Reports.

Ses auteurs, une équipe composée de scientifiques grenoblois mais aussi de chercheurs allemands, ont pu localiser notamment du dioxyde de titane, dans les ganglions lymphatiques de personnes tatouées. C'est un pigment blanc couramment utilisé dans les encres de tatouages. Il sert de base pour certaines nuances de couleurs.

Pour obtenir ces résultats, l’équipe a utilisé les rayons X ultra puissants de deux laboratoires spécialisés de l’ESRF.

Ines Schrever et Julie Villanova au Synchrotron de Grenoble ERSF

“Quand quelqu'un veut se faire un tatouage, il est souvent très soucieux de choisir le bon salon, celui où les normes sanitaires sont respectées, celui où des aiguilles stériles neuves sont utilisées. Mais, personnes ne se pose la question de savoir quelle est la composition chimique des couleurs utilisées pour les tatouages. Notre étude montre qu’il le faudrait!” souligne Hiram Castillo, l'un des auteurs de l'étude, scientifique à l'ESRF.

Tatouage : le synchrotron de Grenoble prouve que les nanoparticules des encres s'infiltrent partout

Intervenants : Rémi Tucoulou (chercheur à l'European Synchrotron Radiation Facility) - Matthieu (tatoueur - La cuisine du diable) - Reportage : Cédric Picaud - Nathalie Rapuc - Jean-Pierre Ardito - Azedine Kebabti


Car les nanoparticules resteront à vie dans les ganglions et le problème, c'est que les effets sur la santé ne sont pas connus pour l'instant.

Prochaine étape pour les chercheurs : analyser d'autres échantillons de patients tatoués présentant des effets indésirables, et relier éventuellement ceux-ci aux propriétés des pigments utilisés sur leur peau.