Sécheresse en Isère : l'irrigation des champs calculée au millimètre pour préserver la ressource

© Anne Hédiard / France 3 Alpes
© Anne Hédiard / France 3 Alpes

En raison de la sécheresse, depuis mi-juillet, les agriculteurs de l'Isère doivent baisser de 15% leurs prélèvements pour l'irrigation des champs.  Une mesure qu'ils prennent avec philosophie car ils ont conscience, depuis longtemps, de l'importance de préserver la ressource.

Par Anne Hédiard

Malgré les fortes pluies du début de semaine, la préfecture de l’Isère a décidé, ce 8 août, de maintenir l'état de sécheresse dans le département. Les agriculteurs notamment doivent baisser de 15% leurs prélèvements pour l'irrigation des champs.  Une mesure qu'ils prennent avec philosophie car ils ont conscience depuis longtemps de l'importance de sauvegarder la ressource.

L’Isère a été, en effet, l’un des premiers départements en France à prendre en compte la loi sur l’eau qui oblige notamment à quantifier les volumes d’eau prélevés dans les nappes phréatiques.

Jean-François Charpentier, agriculteur et membre de l'Association Départementale des Irrigants de l'Isère a été témoin des progrès depuis qu’il a repris l’exploitation familiale en 1990. Il cultive 150 hectares de céréales, maïs, tournesols et productions de semences sur la plaine de Bièvre.

A ses débuts, pour irriguer ses cultures, il utilisait l’eau d'une rivière proche de son exploitation. Rapidement, il a fait le choix d’un forage pour pomper l’eau directement dans la nappe phréatique.

déclencher l'irrigation uniquement quand le maïs en a besoin


Une eau qui est distribuée aux plantes avec parcimonie. L’œil de l’agriculteur est aidé d’outils plus technologiques pour évaluer les besoins de la plante et éviter le gaspillage.

Une sonde enfoncée à 60 cm sous la terre, proche du système racinaire, mesure par exemple la quantité d’eau disponible pour la plante. « Ca nous permet de ne pas gaspiller et de déclencher l'irrigation uniquement quand le maïs en a besoin » précise Jean-François.

L’agriculteur isérois, comme la plupart de ses collègues, a conscience de l’importance de préserver la ressource d’autant que cette année, la nappe phréatique est à un niveau particulièrement bas. Du jamais vu depuis près de trente ans.

L’hiver dernier a été sec et le printemps très peu pluvieux. La nappe a été peu alimentée d’autant que la bétonisation et les remembrements de parcelles favorisent le ruissellement de l’eau de pluie et l’empêche de pénétrer convenablement dans la terre.

Les agriculteurs de l'Isère gèrent la sécheresse
Intervenant : Jean-François Charpentier, agriculteur et membre de l'Association Départementale des Irrigants de l'Isère Equipe : Anne Hédiard, Fabrice Liégard, Jean-Pierre Ardito, Mélanie Ducret

 

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