Malaise des CRS : une section de la Loire, en mission en région parisienne, se fait porter pâle

 16/11/2007. Bâtiment de la CRS 50 à la Talaudière, dans la Loire. / © MaxPPP/Philippe Vacher
16/11/2007. Bâtiment de la CRS 50 à la Talaudière, dans la Loire. / © MaxPPP/Philippe Vacher

Leur mouvement a pris de l'ampleur depuis l'annonce de la fiscalisation de l'indemnité perçue lors de leurs déplacements. Les CRS investissent les services d'urgence et obtiennent des arrêts de travail. Dernier exemple en date avec une quinzaine de CRS de la section ligérienne de la Talaudière.

Par Aude Henry

C'est par courriel que nous avons été alertés de cette nouvelle manifestation du malaise des CRS. Un message, envoyé par un proche d'un fonctionnaire de la CRS 50, basée à la Talaudière, commune ligérienne située à quelques encâblures de Saint-Etienne.
Une section de cette Compagnie Républicaine de Sécurité, actuellement en mission de surveillance en région parisienne, s'est rendue ce mercredi 9 août aux urgences de l'hôpital Antoine Béclère, à Clamart dans les Hauts-de-Seine.
Une consultation collective qui s'est soldée par des arrêts de travail.

Cette section de la CRS 50 a quitté La Talaudière, lundi dernier. Ordre de mission : la surveillance de l'aéroport d'Orly, en région parisienne.
Dix-huit policiers sont engagés, et devaient prendre du service mercredi matin.
Mais au lieu de rejoindre l'aéroport, les hommes de la CRS se sont rendus au service des urgences d'un hôpital. Quinze "consultants" ont alors obtenu des arrêts de travail du médecin qui les a reçus. Des arrêts de travail d'un à plusieurs jours, au motif d'un ras-le-bol et d'une fatigue générale.

Quasiment sans cesse en déplacement, depuis les attentats

Cette mission à l'aéroport d'Orly est prévue sur quinze jours. Autrement dit, ces policiers vont passer encore deux semaines de plus, loin de leur famille. C'est ce genre de déplacement qu'il leur vaut, depuis toujours, le versement d'une indemnité dite d'absence temporaire. Jusqu'ici, l'indemnité était versée au retour de mission, et n'était pas imposable. Mais le ministère de l'Intérieur a de nouveaux projets : rendre imposable l'indemnité en question, et ne la verser que tous les trois mois. C'est ce que les policiers dénoncent.


Malaise général après l'annonce de la défiscalisation de l'indemnité journalière d'absence temporaire des CRS

Des sections de CRS qui se rendent aux urgences, pour demander consultation et obtenir des arrêts de travail : voilà comment ces fonctionnaires de police manifestent depuis quelques semaines déjà leur désaccord. Au coeur du malaise : une annonce faite par le ministère de l'Intérieur, de fiscaliser à partir du 1er janvier 2018, une indemnité journalière dite d'absence temporaire (Ijat), que les CRS touchent lors de leurs déplacements.

Le 5 août dernier, des policiers d'une autre CRS de la Loire avaient manifesté de la même façon.




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