Les maires de Grenoble et de Bourg-en-Bresse opposés au Ceta, le traité de libre-échange UE-Canada

© Ludovic Péron - wikimedia / DR
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Les maires de Grenoble et de Bourg-en-Bresse ont signé une tribune sur le site de Libération contre l'application provisoire du Ceta. Le traité de libre-échange entre l'UE et le Canada est entré en application provisoire ce jeudi 21 septembre 2017.

Par Yann Gonon

Un "collectif de maires" socialistes, écologistes et communistes demande dans une tribune publiée jeudi sur le site de Libération que le gouvernement refuse l'application provisoire du traité de libre-échange UE-Canada, et rouvre les négociations sur le texte.


"Exiger la réouverture des négociations"


"Après le feu vert donné par le Conseil et le Parlement européens, le Ceta doit faire l'objet dès ce jeudi d'une application +provisoire+ en attendant les ratifications nationales. Il y a donc urgence pour exiger la réouverture des négociations sur le texte", écrivent ces maires.

"Emmanuel Macron s'y était engagé pendant la campagne en fonction des conclusions de la commission d'évaluation. Le gouvernement prétend aujourd'hui qu'il ne peut plus rien faire: nous l'exhortons à respecter cette promesse en refusant l'application provisoire du Ceta, au nom notamment du respect de l'accord de Paris sur le climat", poursuivent-ils.

La tribune est signée notamment par le maire de Grenoble Eric Piolle (EELV), le maire de Bourg-en-Bresse et trésorier du PS Jean-François Debat, le maire PS d'Issoudun (Indre) et vice-président de l'Association des maires de France André Laignel, le maire PCF de Stains (Seine-Saint-Denis) Azzédine Taïbi.


800 collectivités "inquiètes"


Les signataires affirment que "rien qu'en France, plus de 800 collectivités locales ont (...) adopté des délibérations pour exprimer leurs inquiétudes" face aux accords Tafta et Ceta.

Le président de la République avait annoncé le 1er mai, entre les deux tours de la présidentielle, son souhait d'installer "une commission de scientifiques" pour évaluer les conséquences environnementales et en matière de santé de l'accord et "faire modifier le texte" si besoin.
Les experts, qui ont remis leur rapport à Edouard Philippe le 8 septembre, y regrettent un "manque d'ambition" du traité, qui sera selon eux "légèrement défavorable" pour le climat.

Le rapport indique également que "la capacité des États à réglementer dans le domaine de l'environnement et de la santé est préservée par principe" mais souligne que faute de mention explicite du principe de précaution, une "incertitude" existe sur une possible contestation par le Canada.

Le gouvernement a confirmé la semaine dernière que l'essentiel du Ceta entrerait bien en vigueur comme prévu le 21 septembre, tout en reprenant à son compte des critiques émises par la commission.


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