Depuis quelques jours, Marc Laurore, étudiant en géographie à Clermont, scrute les réseaux sociaux et les messageries sur internet. Depuis le passage de l'ouragan Irma, ce sont les seuls canaux qui le relient à Saint-Martin, l'île où il est né et où réside une partie de sa famille. "Jusqu'ici, je n'ai pu avoir personne par téléphone. Les seules nouvelles de mes proches, je les ai eues par des amis qui réussissent parfois à poster des vidéos sur Facebook ou sur Whatsapp. Ils me disent que les communications mobiles ne sont pas rétablies; il n'y a que le réseau Orange qui fonctionne à nouveau par endroits."

Parmi ces bribes d'informations, les nouvelles sont peu encourageantes. "Ils me décrivent une situation catastrophique. Ils n'ont plus rien, ils ont tout perdu, ils essaient de survivre. Pour l'instant, leur priorité, c'est d'avoir de l'eau et à manger."

"Ils me disent que les secours sont arrivés sur l'île, mais que certains quartiers sont toujours isolés comme le quartier d'Orléans. Là-bas, les jeunes essaient de s'entraider pour déblayer les rues mais ils ne reçoivent pas encore de secours, ils n'ont pas vu d'autorités, de gendarmes ou de militaires, ils me disent qu'il y a encore des pillages".

Sur le traitement médiatique de la situation, Marc hésite. "Je suis partagé entre une frustration et une forme de reconnaissance. Frustration car certains amis me disent que la situation qu'ils vivent n'est pas elle qu'on voit aux nouvelles. Ils témoignent à chaud, ils sont bouleversés par les évènements. Mais d'un autre côté, je ne pensais pas que ce serait autant médiatisé, ça m'a surpris. Saint-Martin, c'est tout petit, peu de monde connaissait l'île avant ça. Aujourd'hui, tout le monde sait où ça se trouve. Je trouve que c'est bien que la situation ait été médiatisée pour mobiliser." 

En métropole, les Saint-Martinois ont créé un groupe Whatsapp pour partager les nouvelles qui leur parviennent. Quelques photos circulent, confirmant l'étendue des destructions. "Pour l'instant, d'après ce que je vois, l'île est vraiment détruite ... Pour nous, Saint-Martinois, c'est vraiment dur à concevoir. Je pense aussi aux étudiants là-bas … On est début septembre, ils ne vont pas pouvoir poursuivre leurs études. Je vois aussi que la plupart des Saint-Martinois qui ont des familles en métropole envisagent de partir ... il faut juste espérer que certains resteront pour aider à reconstruire l'île."