Irma à Miami : un Auvergnat installé en Floride témoigne

Marc Amblard est resté à Miami le week-end du passage de l'ouragan Irma. C'était «une ambiance apocalyptique,» nous raconte-t-il. / © JOE RAEDLE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
Marc Amblard est resté à Miami le week-end du passage de l'ouragan Irma. C'était «une ambiance apocalyptique,» nous raconte-t-il. / © JOE RAEDLE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Originaire de Royat (Puy-de-Dôme), Marc Amblard s'est récemment installé à Miami avec sa famille. Resté dans son appartement pendant le week-end, il a vécu le passage de l'ouragan Irma près de la ville de Floride dimanche 10 septembre. Il raconte.

Par Valentin Pasquier

Le calme revient petit à petit sur Miami, ce matin lundi 11 septembre. L'eau s'est retirée, les services municipaux commencent à s'activer pour nettoyer les rues. Cependant, il faut patienter encore un peu pour que la ville de Floride retrouve son dynamisme.

« Une grande partie de la population s'est déplacée vers le nord, en Géorgie et en Lousiane, explique Marc Amblard, un expatrié français. Ils attendent un peu avant de revenir, par peur qu'on annonce une nouvelle montée des eaux ».

Aux premières loges

Cet avocat est originaire de Royat, dans le Puy-de-Dôme, mais s'est récemment installé en Floride avec sa famille pour des raisons personnelles. Alors que les autorités américaines préviennent de l'imminence de l'ouragan, ces Auvergnats prennent la décision de rester dans leur immeuble (ou condominium) du Downtown plutôt que de respecter les consignes d'évacuation du maire de Miami.
« On savait que le "condo" était très récent et qu'il était aux normes, signale Marc Amblard. Nos vitres sont extrêmement lourdes, à la limite du blindage... D'ailleurs on trouvait ça plutôt exagéré lorsqu'on s'est installés, mais ça s'est averé justifié! » Face au déchaînement de la nature, ils étaient aux premières loges.


Difficile de rester sans abri pendant la tempête

Samedi 9 septembre, le vent a commencé à se lever brutalement. « La ville a imposé un couvre-feu. Dans la nuit de samedi à dimanche, les rafales de vent ont atteint les 200 km/h, » raconte le Français.


Il n'est passé à côté d'aucune information sur les intempéries: les pouvoirs publics l'avaient averti par SMS. Leurs consignes avaient aussi circulé au sein des condominiums, et une carte des lieux sûrs était mise à disposition des administrés sur internet. « Les techniques de communication sont rôdées, observe Marc Amblard. Il était assez difficile de rester sans abri pendant la tempête. Les SDF eux aussi étaient pris en charge par les services sociaux. »

Au plus fort de la tempête

C'est le dimanche que l'ouragan a jeté toutes ses forces sur Miami. L'ambiance est « apocalyptique ». Cloîtrée dans son appartement, la famille puydômoise voit les luminaires trembler. Ils sont confiants : si par malheur les vitres venaient à se briser sous la force du vent, ils pouvaient battre en retraite dans les couloirs de l'immeuble. « Nous étions davantage inquiets pour les gens résidant dans des logements moins solides. » En tout cas, pas question pour eux de sortir. 

Enfin presque. « Une alarme incendie s'est déclenchée dans le "condo" en plein ouragan, confie l'expatrié. Par précaution, on a empaqueté nos affaires et on a descendu les quatorze étages. J'ai été le seul à sortir, étant suffisamment lourd pour ne pas être emporté par le vent » Dehors, malgré la difficulté de tenir debout, il filme les rues inondées, bordées de palmiers pliés et échevelés.


Après une journée mouvementée dans la plus grande agglomération de Floride, Irma a poursuivi son chemin destructeur vers Tampa, sur la côte ouest de l'État. À Miami, le retour à la normale a eu lieu vers 22 heures, dimanche 10 septembre. « C'est compliqué de tirer un bilant maintenant. Mais de prime abord, j'ai trouvé que les dégâts ne sont pas si importants que ce que l'on craignait, vu la violence extrême des vents de dimanche. » La famille française n'a souffert d'aucun dommage matériel.


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