La réserve parlementaire défendue par la députée du Puy-de-Dôme, Christine Pirès-Beaune

Christine Pirès-Beaune, à droite sur la photo, le 27 juillet 2017. / © JACQUES DEMARTHON / AFP
Christine Pirès-Beaune, à droite sur la photo, le 27 juillet 2017. / © JACQUES DEMARTHON / AFP

Christine Pirès-Beaune, députée Nouvelle Gauche du Puy-de-Dôme, a défendu avec d'autres députés de gauche et de droite le maintien de la réserve parlementaire, que les projets de loi de moralisation de la vie politique prévoient de supprimer, vendredi 28 juillet.

Par AFP

Cette réserve d'environ 130 millions d'euros, allouée aux députés et sénateurs pour des subventions aux collectivités ou associations, est souvent critiquée comme une pratique "clientéliste".

Avant le vote du moindre amendement, moult députés sont montés au créneau pour illustrer l'utilité de la réserve.

"Les associations commencent déjà à nous alerter", a affirmé Christine Pirès-Beaune (Nouvelle Gauche), rappelant la répartition de la réserve plus égalitaire depuis 2013 entre députés et son usage détaillé visible sur le site de l'Assemblée.

"Si dérapage il y a eu - et il y en a eu - ce n'est plus le cas", a assuré l'élue PS du Puy-de-Dôme, rejointe par David Habib, selon lequel pour "un cas de dopage, on supprime les Jeux olympiques". Leur groupe prône le maintien de la réserve, avec une participation de "collectifs citoyens" dans sa répartition.

Les Républicains au front pour défendre la mesure


Les LR se sont relayés nombreux au micro: "Ce n'est pas de l'argent sale, c'est parfaitement contrôlé", a défendu Philippe Gosselin, pour qui "derrière cela se cache notre conception du rôle de l'élu: hors-sol ou pas hors-sol". L'Assemblée va "se faire hara-kiri", a renchéri son collègue Jérôme Nury.

Guillaume Larrivé a interpellé le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement et ex-député PS Christophe Castaner, présent, sur sa propre réserve, lui demandant s'il regrettait d'avoir financé "l'isolation phonique de la halte-garderie" d'une commune de sa circonscription.

Patron du groupe LR, Christian Jacob a récusé "un combat entre les anciens et les modernes", dénonçant un discours ambiant sur des élus qui seraient "calculateurs et méprisables".

Les Constructifs ont plaidé pour le maintien de cette "petite goutte d'huile", même si "nous avons perdu la bataille de l'opinion", selon Yves Jégo.

L'argument de la réduction des dotations aux collectivités


Autre argument repris en boucle, notamment par les communistes, celui de la réduction des dotations aux collectivités qui justifierait la sauvegarde de cette enveloppe.

Pour le FN, Emmanuelle Ménard a considéré que supprimer la réserve revient à "couper les racines de la démocratie", et à se moquer du "plouc de cette France périphérique qu'on ignore".

La majorité a répondu aux interventions que 130.000 euros par député, "ce n'est pas ça qui va faire les politiques publiques de votre territoire", selon Erwan Balanant (MoDem).

"Nous ne sommes pas un guichet financier", a lancé Gabriel Attal (REM), son collègue Roland Lescure évoquant "une exception bien française".  

Partisan de la fin de la réserve parlementaire, l'Insoumis Eric Coquerel a espéré celle de la réserve ministérielle. La garde des Sceaux y est favorable.

Après 64 prises de parole, Mme Belloubet a répondu. "Non, M. Jacob, les élus ne sont pas calculateurs et méprisables", a-t-elle notamment affirmé sur un sujet "évidemment très disputé", affirmant que la pratique "a posé suffisamment de questions pour que le gouvernement propose d'y mettre fin".

"Je ne crois pas que l'ancrage local repose seulement sur une assise financière", a-t-elle aussi affirmé, rappelant avoir été élue locale.

Pour les "bénéficiaires des fonds transitant par la réserve", le gouvernement trouvera "les solutions adaptées d'ici le projet de loi de finances", a-t-elle promis.

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