Retour à la terre avec la technique du pisé au château de Sermentizon (63)

Huit artistes, architectes, urbanistes participent à un atelier de pisé, un système de construction ancestral, au château de Sermentizon (63) / © France 3 Auvergne
Huit artistes, architectes, urbanistes participent à un atelier de pisé, un système de construction ancestral, au château de Sermentizon (63) / © France 3 Auvergne

Construire en terre crue compactée. La mission peut paraître incongrue en ces temps modernes. Et pourtant on apprend encore cette technique dite du pisé. Au château d'Aulteribe (63) des architectes, urbanistes, artistes découvrent cette méthode de construction jusqu’à dimanche 11 juin.

Par Aurélie Albert

Les mains dans la gadoue, huit artistes, architectes et urbanistes font des essais. La recette ? De la terre, de l’eau et de l’air. Sous la conduite d’une spécialiste, il s’agit de trouver la bonne formule en redécouvrant des techniques de construction écologique anciennes. Comme la technique du pisé, un système constructif en terre crue.
« C’est intéressant de les (techniques) redécouvrir, de se les approprier techniquement plutôt que de faire des bâtiments en béton où il va falloir du ciment avec une énergie énorme. Où il va falloir faire venir du sable des graviers, du ciment, qui viennent d’ailleurs, explique Anna, urbaniste. Alors qu’ici, en prenant de l’eau locale et la terre d’ici, on peut construire une maison sans avoir besoin quasiment de véhicule ».

La technique du pisé est encore très répandue dans le monde et pourrait même revenir à la mode. Une matière qui ne coûte rien et est transformable à l’infini.
« Si j’ai besoin de faire une ouverture de porte ou de baie, je peux réutiliser cette même terre en la mouillant à nouveau, elle va revenir à l’état de terre pour être pisée par exemple ou pour être une boue qui nous permettra de faire des enduits, évoque Anne Lemarquis, architecte en charge de l'atelier Pisé. Elle est toujours réversible, c'est-à-dire qu’elle a un cycle de vie infinie ».

Une technique ancestrale qui revient à la mode 

Pendant trois jours, du 9 au 11 juin 2017, ces architectes, urbanistes et artistes, travaillent donc cette terre et ont investi le parvis du château d’Aulteribe, à Sermentizon, dans le Puy-de-Dôme. Un terrain de jeu idéal pour ces stagiaires. Le château possède quelques murs et dépendances construit selon la méthode du pisé.  « L’idée c’est de valoriser notre patrimoine, insiste Sylvie Bergougnoux, en charge de l'action éducative au château d'Aulteribe. C’est le château, mais c’est aussi des communs, une grange, des écuries, un clos qui sont en pisé. Il s’agit de faire redécouvrir un matériau qui a des potentialités esthétiques et techniques, qui sont très à la mode aujourd’hui ».

Les constructeurs en herbe sont invités à construire des œuvres qui seront installés dans le parc du château. Un moyen de laisser une trace de leur travail et de leur retour à la terre.

Retour à la terre avec un atelier Pisé au château de Sermentizon (63)
Construire en terre crue compactée. La mission peut paraître incongrue en ces temps modernes. Et pourtant on apprend encore cette technique dite du pisé. Au château d'Aulteribe des architectes, urbanistes, artistes découvrent cette méthode de construction pendant 3 jours. Intervenants : Anna, urbaniste ; Anne Lemarquis, architecte- En charge de l'atelier Pisé ; Sylvie Bergougnoux, en charge de l'action éducative au château d'Aulteribe  - Reportage : Christophe Jouvante, Arthur John

 

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