Le 18 juin 1940, Charles de Gaulle lançait son célèbre appel à la résistance et rentrait dans l’histoire. Au cours de sa longue vie politique, le fondateur de la Vème République se rendra à plusieurs reprises en Auvergne-Rhône-Alpes. Retour sur ses déplacements les plus marquants.

Impossible d’évoquer la vie et l’engagement du général de Gaulle sans faire référence à l’appel du 18 juin 1940. Ce discours historique, prononcé depuis Londres, sur les ondes de la BBC, au peuple français, pour résister à l’envahisseur allemand et rejoindre les Forces françaises libres, restera à jamais marqué dans les mémoires. Celui qui, en 1958, deviendra le premier président de la Vème République s’est rendu, à plusieurs reprises en Auvergne-Rhône-Alpes à l’occasion de visites officielles.

En 1945, la Libération de la France et de ses colonies

Charles de Gaulle est alors Chef du gouvernement provisoire de la République française (depuis le 25 août 1944). Il évoque sa première visite officielle en Auvergne dans « Le salut : 1944-1946» (tome III de ses « Mémoires de guerre »). Le maire de Clermont-Ferrand, Gabriel Montpied, et les Clermontois découvrent son imposante silhouette (il mesurait 1,93 m). Accompagné du Sultan du Maroc, Mohamed V, il visite l’usine Michelin où la foule l’acclame au son de La Marseillaise.


En 1958, la Vème République

Après une « traversée du désert » qui aura duré 12 ans, le général de Gaulle est nommé Président du Conseil des ministres par le Président de la République, René Coty, le 1er juin 1958. Il propose une nouvelle constitution, qu’il soumet à référendum aux Français, qui l’acceptent le 28 septembre 1958. Il prépare alors les élections législatives qui doivent nommer les nouveaux députés de l’Assemblée nationale, les 23 et 30 novembre 1958. Le 5 octobre 1958, le maire de Lyon, Louis Pradel, et le député du Rhône et ancien gouverneur de l’Algérie, Jacques Soustrelle, accueille le général de Gaulle, venu appeler les Français à voter pour les candidats UNR (Union pour la Nouvelle République) qui soutiennent son action.

Lors de sa visite à Lyon, il rend hommage à la Libération : il dépose une gerbe au monument aux morts de la Résistance et inaugure une plaque en mémoire du maréchal de Lattre de Tassigny, qui a contribué à la libération de Lyon, le 03/09/1944. Après les législatives, disposant d’une confortable majorité à l’Assemblée nationale, il est devient le premier Président de la Cinquième République, le 21 décembre 1958.

En 1959, le symbole vichyssois

Le général de Gaulle entreprend un grand tour de France, dans le but de « créer un contact direct avec les Français ». Parmi ses nombreuses étapes auvergnates et rhône-alpines, comptons Montluçon, Moulins et Vichy (Allier), Clermont-Ferrand, Lezoux et Thiers (Puy-de-Dôme), Brioude et Mont  Mouchet (Haute-Loire), et Roanne (Loire).

Discours du Général de Gaulle à Roanne (Loire) en 1959

A Vichy, il est accueilli par le maire de Vichy, Pierre Coulon, le 19 avril 1959.  Vichy qui a été le siège du gouvernement de la France occupée dirigé par le maréchal Philippe Pétain, au cours de la Seconde Guerre mondiale. En rejetant l’armistice demandé par le maréchal Pétain, à l’Allemagne nazie, le 17 juin 1940, et après son appel du 18 juin, le général de Gaulle avait été condamné à mort par le régime de Vichy et déchu de la nationalité française.
 

Charles de Gaulle lors d'une visite à Vichy, le 18 avril 1959. / © AFP
Charles de Gaulle lors d'une visite à Vichy, le 18 avril 1959. / © AFP

A Clermont-Ferrand,le général de Gaulle prononce un discours sur la place de Jaude, puis assiste à la messe à la basilique Notre-Dame-du-Port. Au Mont Mouchet, il se recueillera au monument national de la Résistance et des Maquis de France.

En 1960, le redressement économique de la France et la guerre d’Algérie

Visite du Général de Gaulle à Aurillac en 1960

Le 14 juin 1960, le général de Gaulle prononce à la télévision une allocution, qui restera célèbre elle-aussi. Elle commence par « Il était une fois un vieux pays, tout bardé d’habitudes et de circonspection ». Il appelle ainsi à l’expansion et à la rénovation économique et sociale. Par la petite phrase « Il est tout à fait naturel que l'on ressente la nostalgie de ce qui était l'Empire, comme on peut regretter la douceur des lampes à huile », il annonce la décolonisation de l’Afrique.
Enfin, par l’expression « L’Algérie algérienne », il appelle les « dirigeants de l’insurrection » à déposer les armes.

 

Discours du Puy-enVelay en 1960

En 1968, l'inauguration des JO d'hiver de Grenoble

A plusieurs reprises, le général de Gaulle s'est rendu à Grenoble. A la Libération, dans la préfecture de l'Isère, il rend hommage à la "ville résistante" et honore ses martyrs tout en confortant le pouvoir du gouvernement prosivoire.
En 1960, dans un contexte de Guerre froide et de croissance économique, il revient voir les Grenoblois pour leur parler de progrès technologique et notamment du nucléaire, « facteur clé de l’indépendance nationale ». Il visite alors le Centre d’études nucléaires.
En 1966, il accorde à Grenoble la nouvelle gare et l’Hôtel des Postes que le Premier ministre Georges Pompidou lui refusait jusqu’alors.

Enfin, en 1968, le général de Gaulle inaugure les Xèmes Jeux Olympiques d’hiver et soulève l’enthousiasme du public grenoblois.

6 février 1968. Discours d'ouverture des jeux olympiques d'hiver par le Général de Gaulle

« L’homme du 18 juin » cesse d’exercer ses fonctions de président de la République, le 28 avril 1969, le lendemain du référendum sur la réforme du Sénat et la régionalisation. Homme de parole, il avait promis de démissionner si le « non » l’emportait.
 

discours du 25 avril 1969, prononcé à 2 jours du référendum qui entrainera son départ du pouvoir

Le 28 avril 1969 étaient publiées, dans la matinée, les deux phrases du communiqué suivant : "Je cesse d'exercer mes fonctions de président de la République. Cette décision prend effet aujourd'hui à midi".

Georges Pompidou, né à Montboudif, dans le Cantal, lui succède alors.
 

Le président de la République Charles de Gaulle en compagnie du Premier ministre Georges Pompidou, le 21 mai 1965. Originaire de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Georges Pompidou succédera au Général de Gaulle et deviendra le 2nd président de la Vème République.  / © AFP
Le président de la République Charles de Gaulle en compagnie du Premier ministre Georges Pompidou, le 21 mai 1965. Originaire de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Georges Pompidou succédera au Général de Gaulle et deviendra le 2nd président de la Vème République. / © AFP