Lyon : le tunnel de Fourvière, un casse tête pour les routiers

Depuis sa réouverture mercredi à 17h, le tunnel de Fourvière est interdit aux véhicules de plus de 3,5 tonnes ou 3,5 m de haut (au lieu de 4,5m auparavant). Des restrictions qui devraient perdurer jusqu'à la fin des travaux et qui pénalisent les camionneurs de passage comme les transporteurs locaux.

Par Christian Conxicoeur

Lyon : le tunnel de Fourvière, un casse-tête pour les routiers
Depuis sa réouverture mercredi à 17h, le tunnel de Fourvière est interdit aux véhicules de plus de 3,5 tonnes ou 3,5 m de haut (au lieu de 4,5m auparavant). Des restrictions qui devraient perdurer jusqu'à la fin des travaux et qui pénalisent les camionneurs de passage comme les transporteurs locaux. Un reportage de Renaud Gardette et Sandie Golstein, montage Quentin Maury. Avec les interviews de 3 chauffeurs routiers anonymes et Guillaume Mazzolini, responsable d'exploitation de la Métropole de Lyon.


Depuis la réouverture du tunnel de Fourvière, les contrôles à l'entrée du tube nord-sud donnent lieu à nombre de PV : des chauffeurs qui assurent, avec plus ou moins de bonne foi, n'avoir pas vu la signalisation mise en place.

Il faut dire qu'après l'accident de jeudi 28 septembre -qui a vu un convoi exceptionnel, interdit, s'encastrer dans la voute du tube- les gabarits autorisés dans le tunnel ont vu leur taille considérablement baisser. En hauteur, les véhicules autorisés sont passés de 4,5 m à 3,5 mètres, et le poids fixé à 3,5 tonnes.

Une interdiction des poids lourds jusque-là largement ignorée

La subtilité, c'est qu'avant l'accident, le tunnel était déjà interdit au poids lourds, sauf pour une desserte locale, justifiée par une feuille de route, ou pour des transporteurs domiciliés dans les communes de l'immédiate proximité.

Mais de fait, comme l'explique Jacques Sorlin, délégué régional de la Fédération nationale du ransport routier (FNTR) joint par téléphone, on rencontrait tous les jours des poids lourds en infraction "avec des dessertes type Lille-Marseille qui n'avaient rien à faire là", et qui auraient dû emprunter le contournement Est, l'A46.

Aujourd'hui, où les gabarits sont réduits et la vigilance accrue, les "victimes" qui devront acquitter une amende se comptent par dizaines tous les jours (voir reportage de Renaud Gardette et Sandie Goldstein, de la rédaction locale de France 3 Grand Lyon)

Des transporteurs locaux menacés d'asphyxie

Plus grave : les transporteurs locaux, bénéficiant habituellement d'une dérogation de circulation sous le tunnel, ne l'ont -de fait- plus. Une situation qui occasionne un parcours supplémentaire moyen de 30 km par trajet, même si exceptionnellement les moins de 19 tonnes peuvent emprunter le périphérique Nord -payant-.

Selon Jacques Sorlin, si la situation devait durer, elle coûterait (extrapolée sur une année) plus d'un million d'euros pour une entreprise locale moyenne de transport.

L'enjeu : maintien de la dérogation et des travaux rapides

D'où l'importance pour la FNTR d'obtenir des garanties quand à la durée -limitée- des travaux, et l'assurance que la dérogation pour les poids lourds des entreprises locales ou en desserte locale soit maintenue après les travaux.

L'occasion aussi de rappeler qu'une signalétique appropriée et contraignante -de type portiques- seraient la seule -en amont du tunnel de Fourvière- capable de juguler durablement le nombre de poids-lourds qui n'ont rien à y faire.

C'est pourquoi une réunion est prévue mercredi 11 octobre entre les organisations professionnelles du transport et le préfet de région.

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Page sortir du 13 octobre 2017

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