Implant contraceptif Essure : “On ne m'a pas écoutée” témoigne Céline, habitante de Yenne en Savoie

Céline a été opérée le 22 février pour lui retirer son implant contraceptif Essure. / © Anne Hédiard
Céline a été opérée le 22 février pour lui retirer son implant contraceptif Essure. / © Anne Hédiard

Le Brésil vient d'annoncer le retrait du marché de l'implant contraceptif Essure, classé "risque maximal". En France, de nombreuses femmes témoignent, accusant ce dispositif des laboratoires Bayer de provoquer d'importants effets secondaires. C'est le cas de Céline, qui habite Yenne, en Savoie. 

Par AR / Anne Hédiard

Mère de quatre enfants, Céline ne souhaitait pas de nouvelle grossesse. Il y a tout juste un an, elle se fait implanter des petits ressorts dans les trompes de Fallope pour les obstruer, un implant Essure. Il s'agit d'une méthode de stérilisation définitive conseillée par son chirurgien.

Une multiplication de symptômes 


Mais au bout de quelques mois, sa santé se détériore. "J'étais très fatiguée, avec des douleurs articulaires insupportables, des courbatures comme la grippe". Céline souffre aussi de maux de ventre, de tête, des troubles oculaires, une perte de mémoire, et des calculs dans la vésicule biliaire. 

Son mari fait le rapprochement grâce à un message de RESIST 


Le rapprochement avec les implants Essure, c'est son mari qui le fait, grâce à la médiatisation des premières plaintes déposées en France. "Courant décembre, je reçois sur mon téléphone un petit message d'information qui me parle d'une association qui s'occupe des problèmes supposés liés à Essure" se souvient Vincent. À la lecture des symptômes, "je me dit ' ce n'est pas possible, c'est tout à fait ce que vit Céline" poursuit-il. 

Désormais certaine que tout ou partie de ses maux sont la conséquence d'une réaction à l'implant, Céline s'est fait opérer pour le retirer le 22 février. Il s'agit d'une opération lourde, avec ablation des trompes, du col de l'utérus et de l'utérus.

Je n'avais pas demandé ça, juste une ligature des trompes


"J'ai de la colère. Je n'avais pas demandé ça, juste une ligature des trompes. On ne m'a pas écoutée, [...] donc moi j'ai fait confiance" témoigne aujourd'hui Céline. "Je pense qu'il faut avertir les femmes qu'il y a d'autres solutions qui existent, et que celle-là peut peut-être présenter des risques", renchérit son mari.

Soutenue par l'association Resist, Céline milite désormais pour qu'en France, comme au Brésil, les implants Essure soient retirés du marché.

Implant contraceptif Essure: "je n'avais pas demandé ça, je voulais une ligature des trompes"
Intervenants: Céline Vincent, Thierry Vincent Equipe: HEDIARD Anne, CERONI Franck, ACHARD Eric

Trois semaines après l'opération, Céline s'est de nouveau sentie en pleine forme. Plus de douleurs articulaires, plus de douleurs musculaires, plus d'asthme, plus de fatigue écrasante ... Son chirurgien parle d'amélioration spectaculaire.

Finalement, Céline a décidé de ne pas porter plainte. Elle veut désormais profiter de la vie et de sa famille. Elle fera tout de même un signalement à l'ASNM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament).


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