L'Ecole du Ski Français aurait-elle peur de perdre sa clientèle britannique?

Avec la fin de la procédure judiciaire, l'ESF espère de nouveaux horizons avec sa clientèle anglaise / © France 3 Alpes
Avec la fin de la procédure judiciaire, l'ESF espère de nouveaux horizons avec sa clientèle anglaise / © France 3 Alpes

C'est un communiqué étonnant que l'ESF a fait passer à la presse, ce mardi 19 février. Il s'agit d'une "déclaration" après le procès d'un tour opérateur britannique. "Nous n'y sommes pour rien", semblent clamer les professionnels du ski. Les écoles ont beaucoup à perdre.

Par Franck Grassaud

Lundi 18 février, un tour opérateur britannique, 'Leski', a été condamné à 26 250 euros d'amende pour avoir permis à ses clients de faire du ski avec des moniteurs qui n'étaient pas diplômés. Ainsi en a décidé le tribunal correctionnel d'Albertville.

Craintive, l'ESF a tenu à rappeler, dans la foulée, que ses écoles n'étaient pas les instigatrices de cette procédure et, qu'en outre, elle ne percevrait rien à la suite de ce jugement, si ce n'est le remboursement des frais juridiques engagés. Car l'ESF était bien partie civile dans ce procès. Il s'agissait de "mieux faire comprendre aux organisations qui utilisent leur personnel en tant que guide, que ceux-ci sont dans l'obligation de posséder une qualification valable pour le faire", peut-on lire dans un communiqué.

La "vilaine protectionniste"


Etonnante manière de faire savoir qu'on n'y est pour rien, même si on est d'accord! Il faut comprendre que l'ESF marche sur des oeufs avec cette 'affaire'. Depuis des mois, outre-Manche, l'école passe pour une "vilaine protectionniste" (traduction littérale) qui n'en veut qu'à l'argent des clients britanniques. Il suffit de sillonner le net pour s'en rendre compte.

En novembre dernier, les médias anglais ont relaté la mésaventure de leur voyagiste du Yorkshire poursuivi par la justice française et défendu par nombre de tours opérateurs
britanniques. Dans les articles de l'époque, l'ESF était présentée comme LA responsable de cette accusation. La société 'Leski' bénéficiant, au contraire, de l'image d'un organisme bien sous tous rapports qui offrait généreusement une "familiarisation" au ski à ses clients.   

Après cette campagne de presse et malgré une réunion à Londres avec des représentants des voyagistes et des ESF, la campagne de dénigrement s'est poursuivie. Les tours opérateurs menaçant d'envoyer leurs clients ailleurs que dans les Alpes françaises. Une campagne tellement forte que les pulls rouges ont décidé d'annuler leur flashmob promotionnelle sur place.

Le boycott britannique a été pris très au sérieux. 35% des Anglais qui skient choisissent les pentes françaises pour leurs vacances et notamment Méribel, la station british par excellence.

Tout cela, alors que 'l'affaire' a bien débuté lors d'un contrôle des forces de l'ordre qui ont constaté que 'Leski' ne respectait l'article L.212-1 du Code du Sport en France, selon lequel un moniteur doit être "titulaire d'une qualification officielle pour enseigner ou encadrer la pratique du ski". 

D'où ce communiqué tombé au lendemain du procès et dans lequel l'ESF tente de se dédouaner de tout corporatisme rappelant même que "de nombreux moniteurs britanniques (les BASI) enseignent en France, certains d'entre eux dirigent même des Ecoles du Ski Français". 
  





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