Manifestation contre la pollution à Saint-Michel-de-Maurienne en Savoie

Samedi 7 mars, près de 150 personnes ont manifesté à Saint-Michel-de-Maurienne, en Savoie, pour protester contre la pollution qui touche fréquemment les vallées alpines et réclamer un "report des poids lourds de la route vers le train". Une chaîne humaine un peu disparate. 

Par France 3 Alpes avec l'AFP

Rassemblés peu avant 10 heures à l'appel d'une dizaine d'associations, les manifestants - parmi lesquels figuraient militants et opposants français et italiens au projet de ligne à grande vitesse Lyon-Turin - ont pris place le long de la voie ferrée pour former une sorte de longue chaîne humaine sans se tenir vraiment par les bras

"Les marchandises sur les trains" ou "Camions dans les vallées, santé en danger", pouvait-on lire sur des panneaux brandis durant la manifestation, qui s'est déroulée sans heurts et a pris fin vers 13 heures.

Les protestataires ont notamment dénoncé la construction d'une seconde galerie pour le tunnel routier du Fréjus, qui relie la France et l'Italie par Modane et Bardonecchia, pointant "une construction routière de plus" allant "à l'encontre de ce problème de santé publique".

Ils réclament l'arrêt du chantier et le report des camions de la route vers le fret en utilisant la voie ferrée existante, "mise au gabarit et rénovée" depuis 2011, dans son entière capacité.

Longue de 175 km, l'Autoroute Ferroviaire Alpine (AFA), permet aux poids lourds de traverser le tunnel du Fréjus sans emprunter la route entre Aiton (Savoie) et Orbassano (Italie). Elle est en phase d'expérimentation depuis 2003.

D'une capacité de 15 à 17 millions de tonnes par an, l'AFA n'est exploitée "qu'à 17% de ses possibilités", font valoir les manifestants. "Le trafic sur cette ligne représente 30.000 camions par an, soit 2,5 % seulement du trafic des tunnels du Mont-Blanc et du Fréjus réunis", a regretté André Duplan, de l'association Vivre et agir en Maurienne.

"En utilisant mieux la ligne existante, on peut faire l'économie de 80% des camions circulant dans nos vallées alpines", souligne de son côté Daniel Ibanez, du collectif d'opposants au projet de LGV Lyon-Turin. "Débiner la ligne existante, c'est agir à l'opposé", a-t-il martelé. 

Par ailleurs, un bus comprenant une vingtaine de militants italiens opposés à la LGV Lyon-Turin a été bloqué pendant une heure à la frontière pour que ses passagers soient contrôlés. Ils ont finalement été autorisés à rejoindre la manifestation.

Reportage Xavier Schmitt, Aurélie Massait, Jean-Jacques Picca :
La marche contre la pollution en Savoie
Intervenants : Simon Métral, association pour le respect du site du Mont-Blanc; Annie Collombet, association Vivre et agir en Maurienne; Daniel Ibanez, coordination des opposants au TGV Lyon-Turin

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