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A Luc-sur-Mer, des scientifiques bas-normands cultivent du corail artificiel

Depuis 10 ans, des chimistes et des physiciens de l'université de Caen et de l'ENSI travaillent à la conception d'un corail artificiel qu'ils ont baptisé éco-corail. La technologie est prometteuse: une start-up a acheté les brevets et lancé les premières réalisations expérimentales.

  • CM
  • Publié le 11/10/2014 | 15:32, mis à jour le 11/10/2014 | 15:32
Le corail artificiel fabriqué à la station marine de l'université de Caen

Le corail artificiel fabriqué à la station marine de l'université de Caen

De l'eau de mer, de l'acier et de l'électricité, voilà la recette de l'éco-corail. Depuis 10 ans, des scientifiques bas-normands (université et ENSI de Caen) mettent au point un corail de synthèse, un corail qu'ils cultivent au sein de la station marine de l'université de Caen, à Luc-sur-Mer. "On fait une électrolyse de l'eau de mer, sur la cathode où il y a la formation de calcaire on dégage de l'hydrogène, sur l'anode de l'oxygène", explique Otavio Gil, du laboratoire ABTE et enseignant à l'IUT mesures physiques. Au final, on obtient un corail de synthèse similaire au corail naturel, tant au niveau de l'apparence qu'au niveau de la composition chimique.

Si cette technologie pourrait permettre un jour de recoloniser les milieux marins où son jumeau naturel est de plus en plus en danger, elle est peut également être utilisée dans le domaine de la construction marine. Si l'électrolyse est est réalisée avec une cathode enfouie dans le sol marin, le corail produit agit alors comme un ciment, permettant de lier sables et  cailloux. Le matériau obtenu peut servir à consolider des ouvrages comme des digues, comme l'a fait la société GéoCorail, qui a acquis les brevets de l'éco-corail, dans le port de plaisance de La Rochelle.

D'autres expérimentations sont actuellement menées à l'Ile de Ré ou à Nouméa en Nouvelle-Calédonie. Un projet de ferme éco-corail pourrait voir le jour au large de Luc-sur-Mer. Nul besoin d'une centrale électrique, le procédé consomme peu de courant, un simple panneau solaire suffit.

Reportage de Jérôme Raguenau et Patrick Mertz
Intervenants:
- Otavio Gil, laboratoire ABTE et enseignant IUT mesures physiques
- Daniel Chateigner, laboratoire Crismat et enseignant IUT mesures physiques

A Luc-sur-Mer, des scientifiques bas-normands cultivent du corail artificiel


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