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Drone sur Flamanville: la thèse officielle remise en cause par Greenpeace

Devant la Commission locale d'information aux Pieux, EDF a apporté peu de réponses aux associations. Selon Greenpeace, ce sont deux drnes (et non pas un seul) qui ont survolé vendredi le Cotentin, deux appareils dotés d'une autonomie importante.

  • CM avec AFP
  • Publié le , mis à jour le
© NICOLAS TUCAT / AFP

© NICOLAS TUCAT / AFP

L'enquête est en cours. Jeudi, les associations de la Commission locale d'information (CLI) aux Pieux n'ont pas eu plus de réponses à leurs questions quant au survol de la centrale de Flamanville par un droone vendredi dernier. "C'est un sujet préoccupant. On peut s'attendre à n'importe quoi", a déclaré Michel Laurent, le conseiller général DVD président des CLIs de la Manche. La question de la sécurité des sites et des riverains a alimenté les débats. 

Depuis les attentats du 11 septembre 2001 un radar supplémentaire "beaucoup plus performant" a été installé sur l'aéroport de Maupertus (à 30 km de l'usine Areva de Beaumont-Hague et à 40 km de la centrale de Flamanville), l'armée de l'air étant "susceptible d'intercepter ou détruire un intrus éventuel", rappelaient les membres des CLI dans un livre blanc sur la sûreté nucléaire en 2013. Mais "les radars de Maupertus ne peuvent pas détecter ce type d'appareillage qui démarre au niveau du sol. On voit bien qu'il y a des limites dans la surveillance aérienne", a relevé jeudi M. Laurent, qui est aussi un ancien d'Areva.

Deux appareils sur le Cotentin

Et EDF l'a confirmé ce jeudi: un drone a bien survolé la centrale de Flamanville dans la soirée du vendredi 31 octobre. Une affirmation bien en dessous de la réalité selon Greenpeace. Selon l'ONG, ce n'est pas un appareil mais deux qui ont survolé le Cotentin et sur un périmètre beaucoup plus large que celui annoncé jusqu'à présent.

"Il y avait deux drones, deux hélicoptères ont tenté de les rattraper mais n'ont pas réussi. Ces drones ont été a priori pris en photo et en vidéo par des employés ou des gendarmes", raconte Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire chez Greenpeace, "Ensuite ces drones se sont, a priori au moins un, dirigés vers l'établissement Arvea de la Hague et le centre de sockage de la Manche, ils ont donc survolé aussi les établissements de la Hague".

Une autonomie de plus de 45 minutes

La thèse du petit appareil de loisir solitaire est donc remise en question par les affirmations de Greenpeace. 18 km séparent les deux sites: pour parcourir cette distance, les drones doivent être dotés d'une autonomie de plus de 45 minutes. De son côté, Areva ne confirme ni n'infirme cette information. "Il n'y a pas eu de survol significatif, c'est à dire qui aurait pu représenter un risque pour le site, ces jours-ci. Quand il y a un risque, le site est largement protégé", déclare Catherine Argant, directrice de la communication d'Areva. Chez EDF, qui a porté plainte, on évoque "deux points lumineux dans le ciel qui ont pu être filmés et qui vont être utilisés dans le cadre de l'enquête qui est menée".
 
Reportage de Stéphanie Potay et Claude Leloche
Intervenants:
- Yveline Druez, maire d'Urville-Nacqueville
- Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire Greenpeace
- Stéphane Brasseur, directeur d'EDF Flamanville

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