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Greenpeace : "l'anomalie" pourrait condamner le réacteur EPR de Flamanville

Mardi, l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ESN) a révélé que la composition de l'acier qui a servi à fabriquer la cuve du réacteur ne remplit pas tous les critères exigés. "Si les tests en cours confirment l'anomalie, les EPR sont condamnés à ne pas démarrer" prédit l'organisation écologiste.

  • Par Pierre-Marie Puaud
  • Publié le 09/04/2015 | 16:24, mis à jour le 20/04/2015 | 14:54
La cuve du réacteur EPR de Flamanville photographiée sur le chantier en novembre 2014 © Charly Triballeau / AFP

© Charly Triballeau / AFP La cuve du réacteur EPR de Flamanville photographiée sur le chantier en novembre 2014

Selon l'ASN, les "essais chimiques et mécaniques" menés par le fabricant AREVA sur "un couvercle de cuve similaire à celui du réacteur EPR de Flamanville" ont révélé "la présence d'une zone présentant une concentration importante en carbone et conduisant à des valeurs de résilience mécaniques plus faibles qu'attendues". Autrement dit, à ce stade, l'acier qui a servi à fabriquer la cuve du réacteur ne présente pas toutes les garanties de sûreté, en particulier en cas d'incident.La résilience est par exemple un indicateur qui témoigne de la capacité d'un matériau à résister à la propagation de fissures. AREVA s'est aussitôt engagé à réaliser une nouvelle campagne d'essais approfondie à partir du mois d'avril.

La cuve du réacteur EPR en construction en Finlande :

Cette animation fournie en 2011 par AREVA montre où est logée la cuve. L'extraire aujourd'hui du dôme supposerait d'importants travaux, ce qui fait dire à Greenpeace que l'EPR serait alors "condamné".
EPR

"Si les tests en cours confirment l'anomalie, les réacteurs EPR sont condamnés affirme Yannick Rousselet qui est en charge des questions nucléaires au sein de Greenpeace. Les cuves "sont a priori irremplaçables" une fois posées.


 


Un énième contre-temps

"Jamais au monde pour le moment on a réextrait une cuve sans détruire tout ce qu'il y a autour" poursuit Yannick Rousselet pour qui il s'agit là du plus gros problème jamais relevé sur un EPR. Ce ne sont pourtant pas les embûches qui ont manqué depuis le lancement de ce programme de Réacteur Pressurisé Européen. A Flamanville dans la Manche, la facture, aujourd'hui estimée à 8,5 milliards d'euros par EDF, a déjà triplé depuis le démarrage des travaux en 2007. Le démarrage du réacteur, sans cesse repoussé, est aujourd'hui prévu en 2007. Après ces dernières révélation, le service communication d'EDF, le maître d'oeuvre du chantier ne fait "aucun commentaire".

Outre Flamanville, trois réacteurs EPR sont en construction dans le monde. En Finlande, le chantier accuse plusieurs années de retard (mais la cuve n'est pas fabriquée avec le même acier). Deux réacteurs EPR ont aussi été vendus en Chine : les cuves ont été fabriquées par Creusot Forge, une filiale d'AREVA selon un procédé similaire à celui de la cuve de Flamanville. Dans son communiqué, l'ASN indique avoir informé ses homologues étrangères concernées par la construction d'un réacteur EPR. 
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