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Urgences de Cherbourg: un médecin tire la sonnette d'alarme

Depuis la fermeture des urgences à Valognes, l'hôpital de Cherbourg est débordé. Un centre de soins non programmés doit ouvrir à Valognes le 7 mars mais la mise en oeuvre de cette solution d'appoint risque au contraire d'aggraver les difficultés.

  • CM et CB
  • Publié le
Les semaines passent et la situation n'en finit pas de se dégrader aux urgences de Cherbourg. Début janvier, le personnel confiait à une de nos équipes sont épuisement face à une charge de travail en très forte augmentation depuis la fermeture, l'été dernier, des urgences de Valognes. Il y a deux semaines, c'est responsable du service qui remettait sa démission à la direction. "Avec les éléments en ma possession, je souhaite vous alerter sur l'état de détresse profonde dans lequel se trouve actuellement le service des Urgences, que ce soit au niveau médical ou soignant", indiquait-elle dans son courrier.

A présent c'est un médecin urgentiste, Charles Jeleff, qui sort de son silence pour dire le découragement et la colère qui l'animent, lui et tous les personnels de son service. Pourtant, le centre de soins non programmés annoncés voilà plusieurs mois pour soulager les urgences de Cherbourg ouvrira ses portes le 7 mars prochain à Valognes. Mais ce centre expérimental ne fonctionnera que 5 jours sur 7 de 8h30 aà 18h30 et sera fermé pendant les petites vacances scolaires. De plus, ce sont des médecins cherbourgeois qui sont appelés à y travailler (en attendant de futurs recrutements début mai), des médecins déjà en sous-effectif.

En effet, les urgences de de l'hôpital pasteur reçoivent 150 patients par jour pour 13 équivalent temps plein de médecins urgentistes quand il en faudrait 27. Les postes existent mais restent vacants, faut de candidats. "Quand il y a beaucoup d'activité dans un endroit, on n'attire pas le médecin puisqu'il sait qu'il va être confronté à une activité qui va le déborder complètement", explique Charles Jeleff. et ceux qui restent songent à partir.

Autrement dit, c'est le serpent qui se mord la queue. "Quand on se retrouve dans une situation de déficit et de souffrance, il y a des choses qui peuvent vous échapper même si vous restez attentif", prévient le médecin urgentiste, "Moi, je ne veux pas ça. Je ne souhaite pas travailler dans un endroit où je me sens en danger et où je n'ai pas la satisfaction de donner le meilleur de moi-même aux patients".


Reportage de Catherine Berra et Claude Leloche
Intervenant:
- Docteur Charles Jeleff, médecin urgentiste

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