11ème journée de l'allergie : pour ne pas banaliser une maladie

Le saule et les peupliers disséminent dans l'air leurs pollens allergènes / © PHOTOPQR/NICE MATIN MaxPPP
Le saule et les peupliers disséminent dans l'air leurs pollens allergènes / © PHOTOPQR/NICE MATIN MaxPPP

L'Organisation Mondiale de la Santé considère l'allergie comme la 4ème maladie dans le monde. Elle frappe à tout âge. Aussi, le 21 mars est la journée nationale de l'allergie, pour ne pas banaliser une maladie, que trop de gens ont tendance à assimiler à une maladie infantile. 

Par F.L.

Une maladie qui touche de plus en plus de monde
Elles touchent un Français sur trois. Qu'elles soient respiratoires, alimentaires, cutanées ou encore médicamenteuses, les allergies se développent de manière exponentielle.
L'OMS considère cette maladie comme la 4ème maladie dans le monde, après le cancer, les pathologies cardiovasculaires et le Sida.
En 20 ans, le nombre de personnes atteintes d’allergies a doublé.
En 2050, 50 % de la population mondiale sera affectée par au moins une maladie allergique selon l’OMS.
L’augmentation de leur fréquence s’accompagne d’un renforcement de leur gravité.

Une maladie qui touche tous les âges

Les enfants, premières victimes de l'allergie
Les adultes et les enfants apparaissent inégaux devant l'allergie. Facteurs héréditaires et environnementaux se combinent pour toucher principalement les plus jeunes.
Chez l’enfant, les études épidémiologiques13 montrent que la prévalence des maladies allergiques (eczéma atopique (ou dermatite atopique), asthme, rhinite, conjonctivite et allergie alimentaire) a considérablement augmenté dans les pays industrialisés au cours des 20-30 dernières années. La prévalence de l’eczéma atopique est évaluée chez les enfants à 15-20 %, l’asthme entre 7-10 %, la rhinite et la conjonctivite allergique autour de 15-20 % et les allergies alimentaires entre 2 % chez l’adulte et 5 % chez les enfants.

L'adolescence perturbée par l'allergie
Les adolescents allergiques peuvent être limités dans leurs choix ou se mettre en danger en négligeant leur maladie. Les chocs anaphylactiques sont 4 fois plus fréquents chez l'adolescent et l'adulte que chez l'enfant14.
Ainsi 7 adolescents sur 10 ne suivent pas les recommandations de leur médecin (prise de médicaments, suivi et surveillance de l’asthme, mesures d’éviction des allergènes…). Ceci a pour conséquences, outre une qualité de vie altérée pour le jeune asthmatique, des taux d’absentéisme scolaire et d’hospitalisations et/ou de recours aux soins d’urgence très élevés15. L’intégration de l’éducation thérapeutique dans le parcours de soin dès le début de la maladie contribuerait à accroitre l’acquisition de compétences, l’autonomisation du patient et l’observance.

Les séniors, grands oubliés de l’allergie
Contrairement aux idées reçues, l’allergie peut survenir aussi chez les séniors, à 60 ans ou plus tard encore. Mais ils sont les premières victimes de l’errance thérapeutique. En effet, leurs symptômes sont souvent attribués à d’autres causes que l’allergie, retardant la prise en charge et le retour à des conditions de vie normales. Par négligence, résignation ou fatalisme « ces situations peuvent durer 15 ans ou plus sans consultation d’un allergologue ! » déclare le Dr Isabelle Bossé.
Les séniors passent encore plus de temps à l’intérieur que le reste de la population (80% du temps pour toute la population). Or, l’environnement intérieur est 5 à 10 fois plus pollué que l’extérieur et les polluants aggravent l’effet des allergènes. Les séniors sont donc particulièrement concernés par les facteurs aggravants de leurs allergies.

Un manque de reconnaissance
Le sondage IFOP – Association Asthme & Allergies révèle à quel point la maladie souffre d’un manque de reconnaissance :
Pour 47% des Français, l’allergie n’est pas considérée comme une vraie maladie.
69% des sondés considèrent que l’allergie n’est pas suffisamment considérée par les pouvoirs publics.

Banalisation de la maladie et souffrance des malades
Être allergique, c’est être touché dans son quotidien.
Pour les personnes allergiques interrogées :
- l’allergie détériore leur qualité de vie (27%)
- l’allergie leur demande d’être vigilant au quotidien sur ce qu’il faut faire ou non (20%)
- l’allergie aggrave leur état de santé (17%)
- l’allergie, c’est du stress en plus (11%)
- l’allergie, c’est de la fatigue en plus (9%)
… et pour 61% des personnes allergiques, leur entourage banalise leur maladie !

L'allergie, en quelques mots

L’allergie est une réaction de l’organisme qui se manifeste à l’occasion d’un contact avec une substance spécifique que l’on nomme « allergène » (acariens, pollens, animaux, moisissures, plantes, latex, venin de guêpes ou d’abeilles, certains aliments et parfois même certains médicaments). Chez la plupart des gens, ces substances sont totalement inoffensives. Chez d’autres, elles provoquent des réactions de défense à l’origine des symptômes allergiques : difficultés à respirer, éternuements intempestifs, yeux qui piquent, irritations, oedèmes… De la rhinite à l’asthme allergique en passant par l’eczéma, la conjonctivite ou l’anaphylaxie, l’allergie se manifeste sous différentes formes. Les symptômes peuvent apparaître à tout âge de la vie, en toute saison et de façon plus ou moins brutale. Le risque de développer une allergie s’accroît dans les familles d’allergiques, sans que les enfants ne soient forcément réactifs aux mêmes allergènes que leurs parents. On parle de « terrain atopique ».

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