Decize (58) - L'équipementier Anvis annonce la réorientation de ses activités et la suppression de 194 emplois

© Capture d'écran Google Map
© Capture d'écran Google Map

Confronté à de très sérieuses difficultés financières liées à la crise dans le secteur de l'automobile, l'équipementier Anvis a annoncé aujourd'hui aux représentants du personnel réunis en C.E. extraordinaire, la nécessité d'une restructuration pour sauver l'activité du site. 

Par Caroline Jouret

L'usine d'Anvis à Decize connaît de graves difficultés depuis plus de 5 ans. Les salariés étaient très inquiets depuis plusieurs mois sur l'avenir de leur entreprise et de leurs emplois.
La direction a décidé de communiquer ce mardi sur le projet de réorientation du site. 

Dans un contexte hyper concurrentiel, le marché automobile Européen a chuté de 25% entre 2007 et 2013. La Chine, avec 18 millions de véhicules vendus en 2013 est devenu le premier marché mondial de l'automobile. Les difficultés des constructeurs automobile rejaillissent sévèrement sur l'activité des équipementiers.qui ont enregistré une baisse de leurs activités de 13% en 2012 et de 6% en 2013

Le chiffre d'affaire d'Anvis a baissé de plus de 12% depuis 2011 et dans le même laps de temps son résultat d'exploitation a chuté de 63%.
La direction explique que l'activité du site Anvis France Decize a fortement contribué à cette chute avec des résultats très déficitaires: plus de 14, 5 millions d'euros de pertes opérationnelles au cours des quatre dernières années. La direction ajoute que le carnet de commande est vide pour les trois prochaines années et qu'une baisse des ventes de 10% est prévue  en 2014 par rapport en 2013.

Le site de Decize, lui-même, pose problème. Prévu pour accueillir 2000 salariés, il en compte actuellement 453. Les bâtiments sont anciens et génèrent des coûts de maintenance de l'ordre du demi-million par an. Depuis 2011 la situation déficitaire perdure et s'aggrave de sorte que si Anvis France Decize ne faisait pas partie du groupe Tokkai Rubber Industries, la continuité d'exploitation serait remise en cause. 

La direction explique que dans ces conditions, la réorganisation est indispensable et devrait permettre de pérenniser le site en sauvegardant 259 emplois sur 453, en réorientant l'activité sur des marchés plus porteurs.

Le projet sera présenté en Comité d'Etablissement le 08 Avril. Il prévoit notamment l'arrêt partiel des activités automobiles de moulages, finitions, encollages et traitements de surfaces, déficitaires, ce qui entraînerait la suppression de 194 emplois

La direction envisage un plan de départs volontaires,afin de réduire le nombre de licenciements.
Ce plan de départs volontaire serait préalable aux licenciements, et ouvert aux salariés des deux autres sociétés du groupe Anvis présentes sur le site. Elle souhaite également mettre en place des mesures d'aménagement du temps de travail pour diminuer le nombre de licenciements. Elle envisage aussi de favoriser le reclassement en interne dans la société et le groupe, en France et à l'étranger, où près de 330 postes ont été identifiés.

La direction envisage d'ores et déjà un plan d'accompagnement des salariés: mise en place d'un dispositif de suivi et de soutien psychologique, et d'un Espace Information Conseil  (qui préfigurerait la cellule de reclassement).

Le directeur général d'Anvis France, Laurent Ragueneau, entend "proposer aux représentants du personnel, des mesures d'accompagnement à la hauteur des enjeux pour les salariés". Notamment un congé de reclassement de 10 mois, des indemnités légales et supra-légales atteignant 15 mois de salaire brut en moyenne - soit 38 000 euros - , et un budget de formation de l'ordre de 700 000 euros.
Enfin, dans le cadre de la mission de revitalisation , il souhaite que les créations d'emploi soient en priorité proposées aux salariés licenciés. 

 

Sur le même sujet

Accident du travail chez Badoz à Pontarlier

Près de chez vous

Les + Lus