Affaire Grégory Villemin : vers l'identification des corbeaux

Le procureur général près la cour d'appel de Dijon Jean-Jacques Bosc, exposait jeudi 15 juin les derniers éléments de l'enquête à l'origine de la mise en garde à vue de trois personnes, dans le cadre de l'affaire Grégory Villemin. / © PHILIPPE DESMAZES / AFP
Le procureur général près la cour d'appel de Dijon Jean-Jacques Bosc, exposait jeudi 15 juin les derniers éléments de l'enquête à l'origine de la mise en garde à vue de trois personnes, dans le cadre de l'affaire Grégory Villemin. / © PHILIPPE DESMAZES / AFP

L'enquête concernant l'affaire Grégory Villemin vient de faire un bon de géant. Deux personnes proches de la famille de l'enfant défunt sont en garde à vue jusqu'au 16 juin. Le procureur général près la cour de Dijon a exposé, le 15 juin, les derniers éléments lors d'une conférence de presse.

Par Valentin Pasquier

Màj. Selon nos informations, Ginette Villemin, la tante de l'enfant, aurait été relâchée de garde à vue.



Lors de sa conférence de presse du 15 juin, débutée à 16 heures, Jean-Jacques Bosc, procureur général près la cour d'appel de Dijon a prévenu :  "Je suis pas ici pour vous annoncer que nous avons résolu l'affaire Villemin".

Néanmoins, le magistrat a tenu à communiquer les derniers éléments de l'enquête, après un bref récapitulatif du travail mené par la section de recherche de la gendarmerie de Dijon, qui a repris l'affaire en 1987, soit trois ans après le meurtre, jusqu'à ce que l'affaire soit close en 1993. Mais depuis la réouverture du dossier le 3 décembre 2008, "les investigations ont été constantes" rappelle Jean-Jacques Bosc.

 



Des analyses ADN non concluantes


Le dossier fut rouvert en faveur des progrès des analyses scientifiques. Mais "à ce jour, les expertises ADN, nombreuses, n'ont pas donné de resultat positif, permettant de clairement identifier un individu", regrette Jean-Jacques Bosc. Des expertises en écriture ont été menées avec davantage de précision, auprès de trois lettres particulières envoyées par le "corbeau" qui menaçait anonymement la famille Villemin avant et peu après le meurtre.




"En 1983, trois lettres anonymes ont été expédiées, deux en caractères typographiques, une en caractères cursif. Deux étaient adressés à Monique et Albert Villemin (Les parents de Jean-Marie Villemin, le père, NDLR), l'autre à Jean-Marie Villemin. Dans les courriers figuraient des menaces de mort à l'encontre des destinaires," souligne le procureur général.

Identification des corbeaux


"La présidente de la chambre d'instruction a ordonné une expertise de ces courriers, poursuit le magistrat. Les conclusions de cette expertise sont confondantes sur une même personne, celle de Jacqueline Jacob," la grande-tante de Grégory Villemin. Jean-Jacques Bosc signale que les appels téléphoniques anonymes émanaient tantôt "d'une femme", tantôt de "celle d'un homme à la voix rauque et essouflée".

Le magistrat indique des témoignages recueillis à Lépanges-sur-Vologne prouvent que des repérages ont été réalisés préalablement au meurtre. Ces repérages "ont été fait par un homme avec une moustache, parfois accompagné d'une femme". À ce stade, "les investigations montrent à l'évidence que plusieurs personnes ont concourru au crime", conlue le procureur.



"Dans ce contexte général ont été placés en garde à vue M. Marcel Jacob (frère de Monique Villemin, mère de Jean-Marie), son épouse Mme. Jacqueline Jacob, ainsi que Mme Ginette Villemin (épouse de Michel Villemin, frère de Jean-Marie)". Leur garde à vue est prolongée jusqu'au matin du 16 juin.

Tenu de ne pas communiquer certains éléments, le procureur a invité la presse à se réunir à nouveau le lendemain pour une nouvelle conférence de presse, au terme des gardes à vue.

12 000 pièces à étudier


Les récentes avancées dans l'enquête n'ont pu être possible que par la minutieuse analyse des quelques 12 000 pièces que se sont procurées les enquêteurs de la section de recherche de la gendarmerie de Dijon, épaulée par deux institutions franciliennes exerçant au niveau national, l'Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale et le Service Central de Renseignement Criminel de la Gendarmerie (SCRC).

Une cellule nationale d'enquête avait été créee en 2009. "Avec cette cellule dédiée aux "cold cases", nous avons analysé toutes les pièces de l'enquête via le logiciel Anacrim," précise le général de brigade Olivier Kim, aux côtés du procureur.

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