Dijon : pourquoi des victimes de l’amiante vont manifester devant la cour d’appel ?

Cour d'appel de Dijon
Cour d'appel de Dijon

Un rassemblement de protestation est organisé devant la cour d’appel de Dijon mardi 7 novembre. Cette manifestation est organisée par CAPER Bourgogne (comité amiante prévenir et réparer) qui défend les victimes de l’amiante et leurs familles.

Par B.L.

Des dizaines de dossiers chaque année 

L’association CAPER Bourgogne a été créée il y a 20 ans. Elle aide les victimes de l’amiante à faire reconnaître leur maladie et à obtenir des indemnisations, souvent par le biais d’actions en justice.

L’amiante est une fibre cancérogène, qui est interdite en France depuis 1997.
Des milliers de salariés ont été exposés aux dangers de ce matériau pendant des années. C’est le cas notamment des travailleurs d’Eternit à Vitry-en-Charollais : l’usine, qui produisait de l’amiante-ciment, a employé 1 200 personnes au plus fort de son activité dans les années 1970.

"Mais, il y a aussi tous les lieux où l’on utilisait l’amiante : Kodak et Saint-Gobain à Chalon-sur-Saône, Aperam à Gueugnon, la SNCF, de nombreux garages, etc", précise Jean-François Borde, le président du CAPER Bourgogne. "A ce jour, nous avons suivi environ 1 000 dossiers de victimes de Saône-et-Loire, de Côte-d’Or et de la Nièvre et nous continuons à recevoir près de 40 dossiers par an."
Le site d'Eternit à Vitry-en-Charolais (archives) / © FTV
Le site d'Eternit à Vitry-en-Charolais (archives) / © FTV



"Les indemnisations ont diminué de moitié"


Le CAPER Bourgogne organise un déplacement en bus à la cour d’appel de Dijon mardi 7 novembre 2017. "Nous venons avec nos avocats, pour accompagner les familles de deux anciens salariés d’Eternit, décédés des suites d’une maladie professionnelle de l’amiante. Nous organisons ce déplacement pour exprimer notre mécontentement à ce tribunal, car il a diminué de moitié les indemnisations successorales lors des dernières décisions prononcées concernant des victimes également décédées d’une maladie professionnelle de l’amiante", dit le président de CAPER Bourgogne.

"C’est scandaleux. On nous a empoisonnés et il y a une volonté de ne pas punir les responsables de cette catastrophe. De plus, les veuves des victimes n’ont pas de quoi vivre décemment. C’est une double pénalité pour elles : elles ont perdu leur mari et maintenant on diminue les indemnités auxquelles elles ont droit", dénonce Jean-François Borde.

Le CAPER Bourgogne a déjà programmé un second déplacement devant la cour d’appel de Dijon pour le mardi 28 novembre.




Selon les autorités sanitaires, l'amiante est responsable de 10 à 20% des cancers du poumon et 85% des mésothéliomes (cancers de la plèvre). Elle pourrait provoquer jusqu'à 100 000 décès d'ici à 2025.

Pour mémoire, rappelons qu’il y a quelques jours, le parquet de Paris a requis un non-lieu dans le dossier Eternit. Le parquet a invoqué le "temps de latence extrêmement long et variable qui s'écoule entre l'exposition à la substance et l'apparition des premiers signes cliniques d'une pathologie".

"Ce délai, évalué scientifiquement entre 15 et 40 ans, empêche de situer dans le temps avec précision le moment de l'intoxication et, par voie de conséquence, d'identifier le responsable de cette intoxication", estime le parquet.

 

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