Une exposition insolite se déroule actuellement au 1 rue de la bibliothèque à Besançon. Intitulée "Besançon de papier", cette exposition présente au public les projets d'urbanisme oubliés, du XVIIIe à la fin du XXe siècle. Certains sont très originaux. Découvrez-les dans notre grand format. 


Une extension du centre-ville jusqu'à la gare Viotte, une piscine sur les quais près du pont Canot ou encore un démontage pierres par pierres de l'église Saint-Maurice... Autant de projets d'urbanisme qui auraient pu transformer la ville de Besançon en profondeur. Pourtant, ils ont été oubliés, stockés au fond d'une malle ou dans un tiroir des archives municipales de Besançon. Grâce à l'exposition gratuite "Besançon de papier" qui se déroule jusqu'au 21 octobre 2017 (prolongation jusqu'au 25 novembre les samedis uniquement), les visiteurs peuvent imaginer un autre visage de leur cité.
"Pensés par des urbanistes et des architectes depuis le XVIIIe siècle aux années 1990, les projets choisis présentent tous la particularité de ne pas avoir été réalisés : ils sont restés simplement au stade d’ébauche, ont existé sur le papier mais pas sur pavé" introduisent les auteurs de l'exposition dans un beau livre distribué gratuitement aux visiteurs. Au total ce sont une trentaine de projets d'urbanisme qui sont présentés dans la salle des archives municipales. Nous vous en présentons cinq dans ce grand format. 

► Intégrer la gare Viotte dans le centre-ville

Durant les Trente Glorieuses, Besançon voit sa population doubler. "En 1946, la ville compte 63 508 habitants, 95 642 en 1962 et 120 315 en 1975. En 1962, Besançon a le deuxième plus fort taux d’accroissement en France (après Grenoble)" explique les archivistes. Dans cette logique d'explosion démographique, les urbanistes s'efforcent de repenser la ville pour y faire entrer plus de lumière et pour créer des espaces plus harmonieux.

Voilà à quoi aurait pu ressembler le centre directionnel dans le quartier de la gare Viotte à Besançon.  / © Archives municipales
Voilà à quoi aurait pu ressembler le centre directionnel dans le quartier de la gare Viotte à Besançon. / © Archives municipales

L'un des projets les plus pharaoniques de l'exposition "Besançon de papier" est l'extension du centre-ville jusqu'au quartier de la gare Viotte. Ce projet est confié au cabinet parisien de Maurice Rotival. Son objectif principal : "renforcer et accroître la capacité du centre-ville." Plusieurs sites sont étudiés pour l’implantation d’un nouveau cœur de ville. C'est le quartier de la gare Viotte qui est choisi pour accueillir un "centre directionnel". Nous sommes alors en 1969.

Fabrice, archiviste à l'origine de l'exposition nous explique ce projet :
Exposition Besançon de papier : un projet pharaonique à la gare Viotte
Intervenant : Fabrice, archiviste Images : Sarah Rebouh

► Des bus sous la place du 8 Septembre

Imaginez la place du 8 septembre sans un défilé incessant de bus. Vous pourriez alors marcher à votre guise sans vous soucier de la circulation. Mais alors, où prendriez-vous les transports en commun depuis l'hyper-centre ? Un rapport du CETUR (Centre d’Études des Transports Urbains, organisme national) daté de 1974 élabore trois scénarios pour désengorger l'hyper-centre : réfléchir à une modification profonde du réseau de transports en commun pour faire passer moins de bus dans l’hyper-centre ; percer une nouvelle rue reliant la rue Granvelle à la place du 8 Septembre pour désengorger la Grande Rue ou alors, plus insolite, construire un tunnel pour la circulation des autobus sous la place du 8 Septembre !

© Archives municipales
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► Aligner la rue de la bibliothèque

Dans les années 1835, les urbanistes sont comme obsédés par l'alignement et l'élargissement des petites rues bisontines héritées du Moyen-Âge. La rue de la bibliothèque est l'exemple même d'une rue biscornue dans laquelle la circulation demeure difficile. La redresser permettrait d'améliorer la circulation en centre-ville, mais comment faire alors que l'église Saint-Maurice trône fièrement au bout de cette rue et empêche tout travaux ? L'architecte municipal de l'époque propose une solution quelque peu originale... 

Fabrice, archiviste, nous raconte : 
Exposition Besançon de papier : redresser la rue de la bibliothèque
Intervenant : Fabrice, archiviste / Images : Sarah Rebouh

 

► Un canal de navigation fluvial dans la boucle

Au moment de la construction du canal du Rhône au Rhin entre 1784 et 1834, la traversée fluviale de Besançon pose des problèmes de navigation en raison des nombreux ponts et du faible tirant d'eau. Pour le passage de Besançon, Philippe Bertrand, directeur en chef du projet, préconise dès 1791 le percement d’un tunnel sous la Citadelle. Les autorités militaires y sont farouchement opposées : elles craignent une possible invasion de la ville par le tunnel. L’adoption de cette solution est bloquée par les militaires pendant plus de 50 ans.

Daté de 1809, un plan conservé par les Archives départementales du Doubs présente un projet méconnu de canal qui traverserait la Boucle presque en son milieu. "S’il avait été mené à bien, le centre de Besançon aurait été transformé de façon radicale : en lieu et place de l’actuelle rue de la Bibliothèque il y aurait un canal" expliquent les archivistes.
© Archives municipales
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► Une piscine sur les bords du Doubs

Les Bisontins connaissent le petit bassin du Sport Nautique Besancon situé sur les rives du Doubs, près de La Rodia mais un édifice plus imposant aurait pu voir le jour en 1935, près de la cité universitaire Canot, quai Veil-Picard. Les plans de ce somptueux projet de piscine couverte sont l’œuvre de l’architecte André Boucton (1891-1977). "En plus de la piscine (grand bain et petit bain), le bâtiment devait abriter 22 cabines de douche, 16 cabines de bain en baignoires, un petit lavoir public doté de 30 places de laveuses, un logement de gérant et un gymnase" détaillent les auteurs de l'exposition bisontine.

© Archives municipales
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