Constance, Bisontine de 29 ans, est atteinte d’un cancer du sein métastatique.  À l’occasion d’Octobre rose, et pour ne pas oublier que le cancer du sein ne touche pas que les femmes de plus de 50 ans, elle accepte de nous livrer un témoignage poignant et hors du commun. 

Constance a 29 ans et vit à Besançon (Doubs). Depuis 4 ans, elle est atteinte d’un cancer du sein métastatique. C’est désormais dans son foie que sont venues se loger les cellules cancéreuses. La jeune femme fait partie de celles qui continuent chaque jour à se battre contre un adversaire plus violent, plus fort, pour un combat perdu d’avance. Portrait.

“Aujourd'hui et tous les jours, je crois que chaque jour est le dernier du reste de ma vie”

"Je m'appelle Constance. J’ai 25 ans en novembre 2013 quand on me diagnostique un cancer du sein. Petit, localisé, mais agressif. À ce moment-là j’ai beaucoup d’espoir : opération, six chimios, rayons... J'ai la chance de garder mon sein ; pas mes cheveux. Mais comme on me le dit souvent : "les cheveux ça repousse hein".

Après cette “première maladie”, le cancer me laisse plus d’un an de répit. J’avance vers la rémission. Jusqu’à la première métastase au foie. En février 2016, je n’ai plus qu’une chance sur quatre de guérison totale. Parce que oui, on peut guérir avec une métastase unique et c’est alors mon cas. Par contre, le traitement s’annonce difficile. Chimiothérapie d’abord pour réduire la tumeur, puis opération pour enlever une partie de mon foie. Cette année 2016 est consacrée à ça… Attraper cette chance sur quatre de m’en sortir.

En décembre 2016, malgré les efforts de tout le monde, des médecins, de mon entourage et juste avant Noël, la maladie revient sous forme de cinq métastases sur le reste du foie. À partir de ce moment-là je sais que MA chance sur quatre est anéantie.

Le fait est qu’aujourd’hui je suis une fille de 29 ans qui a un cancer métastatique qui ne se soignera plus. Il faut désormais que je vive avec l’idée que ce cancer va me tuer.

La première question que je me suis posée est “Quand ?”. Au début, les estimations de mon médecin oncologue pouvaient aller jusqu'à une dizaine d'années. Puis j’ai épuisé quelques traitements qui n’ont plus ou pas fonctionné. Les métastases ont grossi, d’autres sont apparues…

Je ne sais pas si je vais pouvoir fêter mes 30 ans en décembre 2017, cela ne peut être une certitude dans un sens ou dans un autre. Je ne peux plus travailler, je ne peux plus me projeter. J’essaye alors de profiter de tout, tout le temps, en espérant que mon corps ne me stoppe pas trop vite..."

Constance

 

Constance ne guérira pas. À bientôt 30 ans, elle appréhende la vie comme elle vient, en tentant désespérément de faire le plein. Le plein de fous rires, de musique, de fêtes, de moments de bonheur. Chaque grain de sable du sablier du temps est compté. 

"Petit à petit, j'ai fait le deuil d'une longue vie"

La maladie de Constance n’est pas rare. En effet, 20 à 30% de cancers du sein localisés évoluent vers un stade métastatique. Mais à 30 ans, comment appréhender le fait de ne pas avoir le droit à une seconde chance ? Comment continuer à vivre ? “Dans des phases où j’essaye de me projeter, je le fais, mais à moyen terme. Petit à petit, j’ai fait le deuil d’une longue vie. Et je me dis que même si ma vie est courte j’aurai fait tout ce que je voulais quand je voulais” explique la jeune femme.

Comment faire lorsque la vie continue pour sa famille, ses amis ? “C’est difficile, je me sens constamment en décalage. Mes amis font des projets, enfants, achat de maison, voyages, évolution professionnelle… Tout ça est inaccessible pour moi. Avec mes quatre petits frères, c’est dur et triste de me dire que je ne verrai jamais leur vie future, mais encore une fois avec ma famille comme avec mes amis je me dis que ce qui compte vraiment c’est de passer le moment présent avec eux et de vivre le maximum de choses ensemble, tant que c’est possible pour moi. Le fait d'avoir des gens autour de moi m'aide. Ma mère, certains de mes amis, sont très importants pour avancer” confie Constance. 

 

Pour la trentenaire, la campagne annuelle Octobre Rose permet de faire mieux connaître le cancer du sein, mais cette dernière alerte sur le fait que la maladie touche de plus en plus régulièrement les femmes plus jeunes, même avant 50 ans, et qu'il est important de rester vigilante. "Les femmes, même jeunes, doivent rester attentives et écouter leur corps, c'est très important. Dans mon cas, j'ai été dépistée très tôt ce qui me permet d'être encore là maintenant" explique-t-elle. 

"Je suis quelqu'un qui vit même si je vais mourir"

À la question pourquoi témoigner, Constance rétorque simplement qu'elle souhaite apporter un autre visage aux malades du cancer : "On entend souvent des témoignages de femmes qui combattent le cancer et qui parlent de l'après, qui disent qu'elles ont été victorieuses face à la maladie. Mais on peut être une combattante sans vaincre le cancer". 

"Beaucoup de gens pensent qu'être malade du cancer ce n'est plus avoir de cheveux, être au fond de son lit, mais ce n'est pas que ça. Je n'ai jamais été autant malade pourtant je n'ai jamais renvoyé autant d'énergie. La maladie n'a pas de visage, surtout quand on a trente ans" lâche-t-elle. Avant de conclure : "Je suis quelqu’un qui vit, tout et tout le temps. C’est incroyable de vivre comme ça, même si je vais mourir."

Qu'est-ce qu'un cancer métastatique ?


Un cancer peut se propager de l’endroit où il est apparu à une autre partie du corps. Le site d’origine du cancer est appelé tumeur primitive. Le cancer qui se développe dans une autre partie du corps est appelé cancer métastatique ou cancer secondaire. Le cancer métastatique est composé du même type de cellules cancéreuses que le cancer primitif. Par exemple, dans le cas de Constance, lorsqu’un cancer du sein se propage au foie, les cellules cancéreuses dans le foie sont des cellules du cancer du sein. Le cancer peut également muter, les cellules cancéreuses sont alors différentes.