2000 postes supprimés l'an prochain dans les usines de PSA

Une chaîne de l'usine PSA à Sochaux  / maxppp
Une chaîne de l'usine PSA à Sochaux / maxppp

2 133 emplois seront supprimés l'an prochain dans les usines du constructeur automobile en France. Pas de licenciements secs. Mais des départs volontaires. A Sochaux (Doubs), les syndicats ne s'étonnent pas de ces suppressions prévues.   

Par Sophie Courageot

Les usines de France devraient voir partir 2133 postes en 2017.  Le syndicat FO confirme une centaine de suppressions de postes pour l'usine PSA de Vesoul en Haute-Saône. Un comité central d'établissement s'y tiendra jeudi matin. Pour Sochaux, les syndicats n'avaient pas encore communication du nombre de postes amenés à disparaître en 2017. 

PSA supprimera 2000 postes dans ses usines en 2017
Réactions à l'usine de Sochaux dans le Doubs. Avec des salariés, et Patrick Poirot, délégué CGT - Pascal Pavillard, délégué FO. Reportage E.Rivallain et JS Maurice.


Quels dispositifs pour supprimer ces postes ? 

La direction mise sur une hausse des "mobilités externes sécurisées" (projet professionnel vers un autre employeur, congé de reclassement ou de transition professionnelle...). Elle espère convaincre l'an prochain "au moins 1.025 salariés".
983 "congés seniors" sont envisagés l'année prochaine, là où près de 1.600 étaient attendus en 2016. Avec ce dispositif, les salariés peuvent partir plusieurs années avant l'âge légal de retraite (jusqu'à 5 ans à Rennes et Poissy), avec 70% ou 75% de leur rémunération brute.
Des congés "longue durée" sont aussi prévus pour environ 125 salariés. Payés 600 euros bruts par mois et assortis d'une prime, ils permettent aux volontaires de quitter l'entreprise pendant deux ans maximum.

Ce n'est pas un plan social 

PSA envisage des départs volontaires pour la 4e année consécutive. Ce n'est "pas un nouveau plan social", simplement des "départs sur la base du volontariat" comme convenu dans l'accord social triennal conclu en juillet avec les syndicats majoritaires

Parmi eux Force Ouvrière. Interrogé ce matin, le représentant de l'usine de Sochaux Pascal Pavillard indique que "c'était prévisible. C'était bien signalé dans le nouveau contrat". L'important pour lui est que l'entreprise permette toujours aux séniors de partir plus tôt.

Aller dire à un gars de 57 ans qui est sur les chaînes de montage qu'il doit continuer encore plusieurs années, vous allez voir ce qu'il va vous répondre. 


Le représentant se veut pragmatique " on a sorti la tête de l'eau mais le marché de l'automobile, ça change énormément". Des départs en préretraite, des non remplacements de postes, et 1000 embauches d'ici 2019, la contrepartie est raisonnable pour Pascal Pavillard. 

Des suppressions de postes inacceptables pour la CGT

Le syndicat CGT qui est le  seul à ne pas avoir signé l'accord triennal a très vite réagi ce matin par un communiqué.

"Ces suppressions de postes se font en toute complicité avec l'Etat actionnaire à 14%", déclare le syndicat pour quoi tous les voyants sont au vert dans le groupe automobile. 
 

Sur le sort de Sochaux, le délégué Patrick Poirot est pessimiste. "On est plus de 9000, on va passer à 7000, 6000 d'ici quelques années". Le représentant syndical rappelle le projet de passer à une seule ligne de production dans l'usine historique, là encore cela devrait entraîner des suppressions d'emplois. 

PSA dans le vert pourtant

En 2015, les comptes du Groupe PSA, premier constructeur français avec 2,97 millions de véhicules vendus dans le monde, sont repassés dans le vert pour la première fois depuis 5 ans.


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